Cherchez-vous à perdre du poids ou à perdre du gras ?

 






Différence perte de poids vs. perte de gras

Avouez : vous ne faites pas la différence ?

Poids ou gras, pour vous,  ce qui compte, c’est d’avoir une meilleure apparence, n’est-ce-pas ?

À vrai dire, je ne vous poserais pas cette question en apparence tatillonne si la confusion entre ces deux termes n’était pas aussi récurrente.

 

 

La plupart des personnes que je coache commettent en effet cette erreur : lors de nos entretiens préliminaires, elles me confient qu’elles souhaitent perdre du poids alors que ce qu’elles recherchent au fond, c’est à perdre du gras.

 

 

Ce faisant, observez la chose suivante : un modèle de fitness, comme celui de la photo présenté ci-dessous, pèse en moyenne 10 à 14 kilos de plus que sa taille — ce qui le place en état de surpoids franc selon les standards de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) — et pourtant, a-t-il l’air de souffrir de surcharge pondérale ?

 

 Image 1 – Avec un IMC de 29 (97kg, 183 cm– données SimplyShredded.com), le modèle de fitness, Sami Eskelin, serait considéré en surpoids franc et à la lisière de l'obésité modérée si l’on s’en fiait aux standards de l'IMC

Image 1 – Avec un IMC de 29 (97kg, 183 cm– données SimplyShredded.com), le modèle de fitness, Sami Eskelin, serait considéré en surpoids franc et à la lisière de l’obésité modérée si l’on se fiait aux standards de l’IMC

 

Vous conviendrez que non.

A contrario, prenons l’exemple d’un autre modèle, celui du nageur longue distance, Grant Hackett.

Si l’on s’en réfère aux données fournies par Wikipédia concernant sa taille et son poids (2014) — 198 cm pour 96 kilos —, l’australien aurait un IMC de 24,5, soit situé pile-poil dans la fourchette de la « normalité » établie par l’indice.

Ce faisant, appréciez la photo qui suit, prise au sortir d’une épreuve longue distance à laquelle il participa à Séville en 2008.

 

Image 2 – Le nageur, Grant Hackett, en 2008. Son IMC de 24,5 le place dans la fourchette du "poids idéal". Mais quid de sa bidoche ?

Image 2 – Le nageur, Grant Hackett, en 2008. Son IMC de 24,5 le place dans la fourchette du “poids idéal”. Mais quid de sa bidoche ?

 

Bedonnant ne trouvez-vous pas ?

 

 

L’IMC ne permet pas de définir si oui ou non, vous êtes fit !

 

Évidemment, cette dernière photo est loin de mettre le nageur à son avantage, à la différence de celle du modèle de fitness, Sami Eskelin, prise dans de bien meilleures conditions de préparation et d’éclairage.

Ceci étant dit — et bien que je ne cherche pas à ternir la réputation du nageur, sa présentation me permet de mettre en exergue deux points importants, à savoir :

 

Limites IMC

 

 

En effet, comme vous pouvez le constater ici, il est tout à fait possible de peser lourd (sur la balance) sans pour autant être gras tout comme il est possible d’être gras sans nécessairement peser lourd !

 

 

Poids différent de gras

 

Par conséquent, plus judicieux que le calcul de l’indice de masse corporelle, c’est le calcul de votre composition corporelle – autrement dit, le calcul du ratio entre votre masse grasse (i.e. votre tissu adipeux) et votre masse maigre (i.e. vos muscles) – qui permet au final de déterminer si ou non, vous avez un “beau” physique1.

 

 

Comment évaluer sa composition corporelle ?

 

Pour ce faire, ça n’est hélas pas très évident !

L’évaluation de la composition corporelle exige en effet d’avoir recours à des outils très particuliers tels que :

 

1. … des pinces à plis cutanés, …

2. … un impédancemètre professionnel …

3. … ou des techniques plus précises mais très sophistiquées comme l’hydrodensitométrie (appelée aussi « pesée hydrostatique ») ou la méthode DEXA (absorption bi-photonique à rayons X)

Matériel pour mesure la masse grasse

 

Le hic, comme vous l’aurez compris, c’est que ces méthodes sont loin d’être à la portée du premier venu car elles exigent non seulement d’avoir recours à un professionnel de la santé mais sont qui plus est très coûteuses2.

 

 

Circonférence tailleVous pouvez bien évidemment avoir recours à la technique classique du mesure du tour de taille mais sachez que cette méthode ne vous donnera qu’une idée très approximative de votre pourcentage de masse grasse. 

 

 

Quant à l’évaluation de visu (i.e. sur photos prises à intervalles réguliers), inutile de vous dire que la facilité de la mise en œuvre de cette méthode est inversement proportionnelle à sa fiabilité, cette dernière étant non seulement conditionnée par la qualité des photos que vous prenez (éclairage, préparation en amont, poses adoptées, etc.) mais aussi par la subjectivité du regard que vous portez sur vous-mêmes (avez-vous tendance à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ?).

 

Avant-Après pris le même jour

De prime abord, la différence entre cet Avant/Après est saisissante n’est-ce-pas ?
Et si je vous révélais que ces deux photos ont été prises le MÊME JOUR et mieux encore, a à peine UNE HEURE D’INTERVALLE, me croirez-vous ?

 

Hé bien, vous devriez car voici l’expérience conduite par Laura Daniels et son acolyte. Vous pouvez trouver plusieurs versions sur Youtube de cette expérience. 

 

Techniques permettant de mesurer la composition corporelle

 

 

Toujours est-il que malgré leurs points forts et leurs points faibles respectifs, chacune de ces méthodes peut vous aider à obtenir une idée plus ou moins précise de votre composition corporelle — ce qu’il est très pertinent de savoir à l’entame d’un régime — et de son évolution — ce qu’il est très pertinent de savoir durant et à l’issue d’un régime.

 

 

Il serait en effet dommage que vous boucliez votre prochain régime MOINS LOURD, mais PLUS GRAS, qu’avant de l’avoir commencée, ne croyez-vous pas ?

 

Skinny fat

Or si l’on passe en revue la plupart des “diètes-miracles” proposées aujourd’hui sur le marché — qui du régime coco, qui du régime ananas, qui du régime coco-ananas —, tel est le résultat sur lequel l’écrasante majorité d’entre elles débouchent :

 

Certes, vous finissez moins lourd sur la balance, mais aussi gras — sinon plus parfois — qu’avant d’avoir commencé.

 

 

Et le tout au prix d’une détérioration de votre état de forme physique et mentale qui consolide l’idée FAUSSE très répandue selon laquelle pour perdre du gras, il faudrait nécessairement avoir à subir durant de longs mois — voire années — une restriction calorique forcée et une ascèse insupportable.

 

Don't starve yourself

Contrairement aux idées reçues, pour perdre du gras durablement, il ne faut pas nécessairement s’affamer et/ou se priver de tout, tout le temps ! Il faut mieux manger (qualitativement) pour moins manger (quantitativement).

 

 

 

La perte de poids ne s’accompagne-t-elle pas toujours d’une perte de gras et vice-versa ?

 

À l’instar de l’hypertrophie musculaire3 qui s’accompagne presque toujours (marginalement) d’une prise de force, la perte de poids s’accompagne, elle aussi, le plus clair du temps, par une perte de masse grasse. Par exemple, si vous passez de 65 kilos à 60 kilos sur la balance, il est fort probable qu’en même temps, votre taux de masse grasse aura diminué, passant d’admettons 23 à 19%.

 

Cependant, le problème de la perte de poids est qu’elle peut également se faire au détriment de votre masse maigre, c’est-à-dire au détriment de votre masse musculaire : en clair, vous perdez également du muscle en plus de perdre du gras ce qui n’est ni intéressant d’un point de vue fonctionnel, ni d’un point de vue esthétique (et ce, que vous soyez un homme ou une femme). Pour reprendre l’exemple précédent, vous pourriez suivre un régime qui ne vous fasse passer que de 65 kilos à 62 kilos sur la balance mais qui, en même temps, abaisse bien plus fortement votre taux de masse grasse, le faisant par exemple passer de 23 à 16%. Et c’est ce régime qui déboucherait sur la plus “belle” silhouette en aval !

 

Pour preuve, livrez-vous à ce petit exercice si vous avez un peu de temps : cherchez un modèle de fitness sur le web de la même taille que vous et comparez votre poids au sien. Il n’est pas improbable que le votre soit le même – voire légèrement inférieur au sien — et que pourtant, vous trouviez son physique plus “esthétique/fit” que le vôtre.  

 

À taille et poids égaux, le plus “beau” physique est généralement celui dont le pourcentage de masse grasse est le plus bas même si je reconnais volontiers que la notion de “beau” peut être sujette à moult interprétations aussi valides les unes que les autres.

 

 

 

Si cet article a suffit à vous convaincre, voici 10 astuces pour vous aider à perdre du gras rapidement !

 

(Cliquez sur l’image ci-dessous)

 

Image à la une_BDSè10 bonnes astuces pour perdre du gras rapidement_Première partie

Notes de bas de page
  1. L’esthétisme du corps  étant, par essence, une notion profondément subjective, il ne s’agit évidemment pas de signifier ici que les personnes qui souffrent de surcharge pondérale ont un physique “moins beau” que les autres. Au final, le plus important est VOTRE manière à VOUS de définir la beauté du corps.[]
  2. En plus de ne pas être remboursées par la sécurité sociale.[]
  3. = Prise de “volume” musculaire.[]
6 réponses
    • Bodyssime
      Bodyssime dit :

      Plusieurs raisons à cela : la première est que les nageurs longues distances sont souvent loin d’être des modèles en matière d’hygiène alimentaire (cf. le cas de M. Phelps), se justifiant à eux-mêmes leurs « entorses alimentaires » par l’importance des dépenses énergétiques qu’engendrent la pratique régulière de la natation, un sport très énergivore. En clair, un nageur (à l’image de nombre d’athlètes) pense souvent que peu importe ce qu’il mange, il brûlera l’excédent calorique dans l’eau, ce qui n’est hélas pas toujours le cas.

    • Bodyssime
      Bodyssime dit :

      La seconde raison relève du mythe du « plus je brûle de calories, plus je perds de gras ». Ce mythe se base sur l’idée simpliste que seul un solde énergétique négatif (consommation de calories < aux dépenses de calories) compte pour perdre du gras, alors que la provenance des calories ingérées (i.e. leur qualité) et le sport pratiqué comptent tout autant. Prenons un exemple concret : A et B sont deux hommes d’1m82 pour 86 kilos avec un pourcentage de masse grasse identique de 18%. Conjointement au suivi du même programme de musculation, A et B décident tous les deux de suivre un régime qui va brider leur apport calorique journalier à 1700 kilocalories durant les six prochains mois. Seule différence : A a choisi de suivre le régime McDo durant cette période – un « régime » (s’il en est) très riche en sucre, en graisses saturées et pauvre en protéines, tandis que B a pour sa part choisi de suivre un régime paléolithique, caractérisé par un apport élevé en protéines et en lipides (graisses) de qualité. Au terme des six mois de suivi de ces deux diètes, A aura probablement perdu presque autant de kilos que B mais fort est à parier que son pourcentage de masse grasse aura stagné (voire même augmenté) tandis que celui de B aura considérablement diminué. Bien qu’extrême, cet exemple illustre à lui seul le caractère fallacieux de la logique du « calories ingérées, calorie excrétées » ("calorie in, calorie out"). Nous aborderons ce point plus en détail (est-ce-seulement possible? ;-) dans notre prochain article (À venir : « 10 astuces pour perdre du gras rapidement ! »).

    • Bodyssime
      Bodyssime dit :

      Pour finir, une troisième raison – plus spécifique – expliquant pourquoi le nageur pris en illustration dans notre article (Grant Hackett) a la « bedaine émergente » tient simplement à l’effet que la pratique de sports d’ultra-endurance – telle que la natation sur de longue distance – vont avoir sur la contractilité des muscles et leur congestion. Ces sports vont en effet provoquer un véritable relâchement musculaire du fait de leur propension à épuiser les réserves de glycogène musculaire (carburant) de l’athlète. Or, les premiers muscles à se relâcher en cas de déplétion glycogénique sont souvent ceux de la sangle abdominale, ce qui confère l’impression que l’athlète ou l’individu que l’on regarde « a du ventre » ce qui n’est, dans les faits, pas vraiment le cas (un effet d’optique en quelques sorte). Ce phénomène de distension musculaire se retrouve d’ailleurs chez les bodybuilders qui suivent une sèche, une période caractérisée par une forte diminution de l’apport en glucides et qui, d’un point de vue physique, va se traduire chez eux entre autre par un relâchement musculaire important de la sangle abdominale (et des autres muscles du corps)… Bien entendu, vous avez assez peu de chances de tomber sur des photos de modèles de fitness ou de bodybuilders les mettant en avant avec un pack Kronembourg en lieu et place du classique, mais non moins spectaculaire, six packs. #lescoulissesdumondedufitness. N’hésitez pas si vous avez d’autres questions !

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