Bon à savoir : chassez le diabète en perdant du ventre !

 

C’est ce que révèle une étude américaine publiée dans le journal Diabete.

D’après les chercheurs l’ayant diligentés, l’embonpoint constituerait l’un des facteurs les plus à-même de prédire si oui ou non, vous souffrirez un jour du diabète.

Dans le cadre de cette étude, 174 individus – parmi lesquels 73 hommes et 101 femmes, ont été répartis en trois groupes, et ce, après que leur indice de masse corporelle ait été calculé et leur niveau de sensibilité à l’insuline mesuré :

 

1. Groupe LIS : ce groupe était composé des individus minces a priori sensibles aux effets de l’insuline (56 individus)

2. Groupe LIR : ce groupe était composé des individus minces mais présentant a priori une résistance aux effets de l’insuline (61 individus)

3. Groupe OIR : ce groupe était composé des individus obèses présentant a priori une résistance aux effets de l’insuline (57 individus)

 

Et voici ce qu’il en est ressorti :

Tableau_Bon à savoir - + d'embompoints, + de risques de diabète

Graphique 1 – Relation entre la surface (en cm²) de graisse abdominale des sujets de l’étude de Cnop et.al et leur niveau de sensibilité à l’insuline (2002 – Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

 

Comme vous pouvez le constater, une relation linéaire inversée se dégage nettement à la lecture de ce graphique.

De fait, ce que cette dernière révèle, c’est que plus le niveau d’adiposité abdominale d’un sujet est fort,  moins son organisme semble sensible à l’action de l’insuline (p-value < 0.01). Pour reprendre les mots des chercheurs :

“La graisse intra-abdominale a été la variable avec le potentiel prédictif  le plus fort sur la sensibilité à l’insuline des sujets de l’étude, expliquant plus de 54% de la variance des résultats enregistrés sur ce paramètre” (Cnop et.al, 2002). 

Autrement dit, le fait d’avoir du ventre semble être un indicateur plutôt fiable d’un état latent d’insulino-résistance, une condition qui, si non corrigée, peut évoluer à terme vers le développement d’un diabète de type 2 (non insulino-dépendant). 

Et le pouvoir prédictif de la graisse abdominale ne se limite (hélas) pas qu’au seul diabète !

De nombreuses études ont ainsi démontré qu‘être ventru majorait également les risques de souffrir du “syndrome métabolique“, un ensemble d’anomalies physiologiques qui exacerbent, entre autre, les risques de contracter une maladie cardio-vasculaire ou certains types de cancers, notamment celui du colon (Otake et.al, 2005).

 

Notre conseil :

Le conseil qui découle de la lecture de cet article coule de source mais permettez-nous tout de même de formuler le truisme qui va suivre : si vous ne le faites pas pour l’esthétique, faites-le alors pour votre santé et délestez-vous de vos kilos de graisses ventrales superflus. 

Ce conseil ne s’adresse pas qu’aux personnes souffrant d’une forte surcharge pondérale. Il s’adresse également aux personnes qui présentent un IMC normal mais dont le bas de l’abdomen et le pourtour des hanches témoigneraient d’un excès de laisser-aller et d’amère résignation. Une étude a ainsi démontré que les individus ventrus non-obèses avaient 27% de risques en plus que les individus obèses de mourir d’une maladie cardiovasculaire (Nakamura et.al, 1994).

Par conséquent, même si des études récentes (à la méthodologie probablement discutable) semblent réhabiliter la mode de la bidoche, n’oubliez pas que cette dernière est comme une douleur physique persistante, autrement dit : le symptôme d’un dysfonctionnement métabolique, organique ou structurel latent qui, si non “soigné” à temps, peut rapidement évoluer vers quelque chose de bien plus grave.     

Le syndrome métabolique : késaco ?

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Également appelé “syndrome X”, le syndrome métabolique n’est pas une maladie en soi.

Il correspond plutôt à un ensemble de signes physiologiques avant-coureurs qui vous prédisposent à développer certaines maladies comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou encore les accidents vasculaires cérébraux.

Parmi ces “signes”, qui sont rarement ressentis comme tels, l’on peut citer, entre autre, l’embonpoint, l’hyperglycémie, l’hypertension artérielle ou encore un taux anormalement élevé de triglycérides sanguins. Ce n’est généralement qu’au travers de tests de routine réalisés en laboratoire qu’ils peuvent vous être révélés.

Bien que le syndrome métabolique ne soit pas une maladie à proprement parler, son diagnostic ne doit pas être pris à la légère. Il s’agit en effet d’un signal d’alarme que votre corps vous envoie et qui, en tant que tel, doit vous faire prendre conscience de l’importance de désamorcer le problème de fond avant que celui-ci ne dégénère.

 

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Références

Cnop et.al. The concurrent accumulation of intra-abdominal and subcutaneous fat explains the association between insulin resistance and plasma leptin concentrations distinct metabolic effects of two fat compartments. Diabetes. Avr 2002 ; 51(4) : 1005-1015

Nakamura T, Tokunaga K, Shimomura I, Nishida M, Yoshida S, Kotani K, Islam AH, Keno Y, Kobatake T, Nagai Y, et al. Contribution of visceral fat accumulation to the development of coronary artery disease in non-obese men. Atherosclerosis. Juin 1994 ; 107(2) : 239-46.

Otake S, Takeda H, Suzuki Y, Fukui T, Watanabe S, Ishihama K, Saito T, Togashi H, Nakamura T, Matsuzawa Y, Kawata S. Association of visceral fat accumulation and plasma adiponectin with colorectal adenoma: evidence for participation of insulin resistance. Clin Cancer Res. 15 Mai 2005 ; 11(10) : 3642-6.