Et si l’effet antidouleur du curcuma était supérieur à celui du paracétamol de synthèse ?

C’est ce qu’a cherché à savoir un panel de chercheurs italiens en comparant les effets analgésiques d’un supplément breveté à base de curcuma (nommé Meriva®) à ceux de deux médicaments : du paracétamol (de type Doliprane® ou Tylénol®) et un anti-inflammatoire non-stéroïdien (de type Ibuprofène®)  (4).

Pour ce faire, 15 sujets « souffrant d’épisodes algésiques importants » ont été recrutés. Ces derniers se plaignaient de souffrir soit :

  1. de douleurs arthrosiques (arthrose du genou ou de l’épaule) importantes,
  2. de maux de tête chroniques,
  3. de sciatique,
  4. de douleurs musculaires,
  5. de douleurs dentaires consécutives à une infection.

Les chercheurs ont alors pu mettre en évidence que 4 comprimés (2 gr) de curcuma par jour sous forme de phospholipides étaient plus efficaces qu’1 gramme de paracétamol pour lutter contre ces douleurs, le tout sans effet secondaire (NDA. des reflux gastro-oesphagien et brûlures d’estomac ont été relevés chez certains sujets après la prise du paracétamol).

L’action antidouleur du curcuma s’est avérée être cependant légèrement inférieure à celle de l’anti-inflammatoire mais avec l’avantage comparatif de ne présenter aucun effet secondaire contrairement à ce dernier. La prise d’anti-inflammatoires exige en effet souvent le recours simultané à des antiacides qui permettent de soulager les irritations gastriques provoquées par leur usage.

D’après les observations des chercheurs, il semblerait que les effets du supplément à base de curcuma aient commencé à se faire sentir environ 1h30 après sa prise, comme l’atteste le graphique suivant :

Phospholipides de curcuma_ Comparaison avec paracétamol et anti-inflammatoires

Graphique 1 – Évolution de la douleur au fil du temps après absorption de curcuma phospholipidique, du paracétamol ou du médicament anti-inflammatoire. Score de douleur : 0 = pas de douleur; 1 = douleur légèrement perceptible; 2 = douleur modérée; 3 = douleur sévère; 4 = douleur intolérable. (Di Pierro, 2013 / Crédit adaptation image : Julien Venesson)

 

 

Le curcuma : un agent anti-cancer  très prometteur !

 

L’action analgésique du curcuma est principalement le fait du principe actif qui le compose : la curcumine.

C’est elle qui est responsable du soulagement des douleurs enregistrés dans le cadre de l’étude présente ; effet que confirme une étude de 2010 dans laquelle des patients souffrant d’arthrose ont vu leur capacité à marcher sans douleur s’améliorer de +245% après trois mois de supplémentation (1).

Depuis quelques années, la curcumine fait d’ailleurs l’objet d’une attention toute particulière au sein de la communauté scientifique car outre ses effets analgésiques puissants, elle possèderait également des vertus anticancers potentes.

Plusieurs études ont ainsi démontré que la curcumine réduisait fortement l’activité des cellules tumorales (6 ; 7) ou qu’elle permettait encore de potentialiser les effets des traitements conventionnels, comme la chimiothérapie, chez des patients atteints du cancer de la prostate (8).

D’autres études ont enfin démontré des effets très prometteurs dans le cadre de la prévention et du traitement de la maladie d’Al Zeihmer (11).

 

Comment optimiser les effets de la curcumine ?

Compléments alimentaires ou curcuma naturel

La curcumine n’étant que faiblement absorbée au niveau intestinal, nous vous recommandons la chose suivante si vous voulez en optimiser la biodisponibilité :

1. Si vous optez pour du curcuma classique, c’est-à-dire en poudre comme celui que l’on utilise en cuisine par exemple, associez-y toujours quelques pincées de poivre. Ce dernier contient en effet une substance active, la pipérine, qui permet d’augmenter jusqu’à 20 fois l’absorption de la curcumine (9). Bien que moins courante comme association, vous pouvez également consommer de l’ananas lors de vos repas contenant du curcuma car ce dernier contient une enzyme, la bromélaïne, qui permet elle aussi d’augmenter le taux d’absorption de la curcumine. Consommez également votre curcuma (ou vos suppléments qui en contiennent) au cours de repas contenant des lipides (graisses) afin d’en augmenter l’absorption.

2. Si vous optez pour l’option compléments alimentaires, tâchez d’opter soit pour un complément alimentaire contenant de la pipérine et de la curcumine, soit mieux encore, d’investir dans des phospholipides de curcuma comme l’on fait les chercheurs italiens dans le cadre de l’étude que nous venons d’évoquer.  En revanche, évitez de consommer du curcuma sous cette forme pendant de trop longues périodes car ce dernier agit sur la vésicule biliaire et peut de ce fait augmenter vos risques de souffrir de calculs biliaires (3 ; 2). Idem pour ceux sous traitements anticoagulants, la curcumine exerçant une activité antiplaquettaire et anticoagulante (5), la consommation prolongée de hautes doses de phospholipides de curcuma majore vos risques de saignement abondants en cas d’hémorragie (hémophilie).

 

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Références

(1)   Belcaro G, Cesarone MR, Dugall M, Pellegrini L, Ledda A, Grossi MG, Togni S, Appendino G. Product-evaluation registry of Meriva, a curcumin-phosphatidylcholine complex, for the complementary management of osteoarthritis. Panminerva Medica. Juin 2010 ; 52(2(1)) : 55-62.

(2)   Boonjaraspinyo S, Boonmars T, Aromdee C, Puapairoj A, Wu Z. Indirect effect of a turmeric diet: enhanced bile duct proliferation in Syrian hamsters with a combination of partial obstruction by Opisthorchis viverrini infection and inflammation by N-nitrosodimethylamine administration. Parasitology Res. Jan 2011; 108(1): 7-14

(3)   Deshpandea SS, Lalithab VS, Inglec AD, Rasted AS, Gadred SG,  Marua GB. Subchronic oral toxicity of turmeric and ethanolic turmeric extract in female mice and rats. Toxicology Letters. Mai 1998 ; 95(3) : 183–193

(4)   Di Pierro F, Rapacioli G, Di Maio EA, Appendino G, Franceschi F, Togni S. Comparative evaluation of the pain-relieving properties of a lecithinized formulation of curcumin (Meriva(®)), nimesulide, and acetaminophen. J Pain Res. 2013 ; 6 : 201-5.

(5)   Kim DC, Ku SK, Bae JS. Anticoagulant activities of curcumin and its derivative. BMB Rep. Avr 2012 ; 45(4) : 221-6.

(6)   Kunnumakkara AB, Guha S, Krishnan S, Diagaradjane P, Gelovani J, Aggarwal BB. Curcumin potentiates antitumor activity of gemcitabine in an orthotopic model of pancreatic cancer through suppression of proliferation, angiogenesis, and inhibition of nuclear factor-kappaB-regulated gene products. Cancer Res. Avr 2007 15 ; 67(8) :3853-61.

(7)   Mukhopadhyay A, Bueso-Ramos C, Chatterjee D, Pantazis P, Aggarwal BB. Curcumin downregulates cell survival mechanisms in human prostate cancer cell lines. Oncogene. 15 Nov 2001 ; 20(52) :7597-609.

(8)   Pouget M. Curcumine et Cancer de la Prostate métastatique : Potentialisation de l’effet de la chimiothérapie. Auverges Sciences. Retrouvé le 8/11/2014 < http://www.auvergnesciences.com/blog/2014/01/07/012014-curcumine-et-cancer-de-la-prostate-metastatique-potentialisation-de-l-effet-de-la-chimiotherapie/ >

(9)   Shoba G, Joy D, Joseph T, Majeed M, Rajendran R, Srinivas PS. Influence of piperine on the pharmacokinetics of curcumin in animals and human volunteers. Planta Med. Mai 1998 ; 64(4) : 353-6.

(10)Venesson J. Le curcuma est un paracétamol naturel sans effet secondaire. Julien Vernesson. Retrouvé le 08/11/2014 sur < http://www.julienvenesson.fr/le-curcuma-est-un-paracetamol-naturel-sans-effet-secondaire/ >