Boosters pré-workout : faut-il en prendre ou pas ?

 

Boosters pre-workout, faut il en prendre ou pas ?

 

1. Vous pouvez en prendre oui, mais seulement de façon ponctuelle car les boosters ne font que couvrir votre fatigue “en surface” : ils ne la corrigent pas. Seul le vrai repos((= nutrition et sommeil de qualité en quantité suffisante.)) le permet.

 

2. Le problème de l’écrasante majorité des boosters est qu’ils sont superchargés en stimulants qui, si consommés trop tardivement ou par une personne sensible à leurs effets, vont engendrer une pléiade d’effets secondaires indésirables pouvant aller de la constipation à l’insomnie (entre autre).

 

3. Lorsque couplée à un manque de repos de qualité, la prise prolongée de boosters peut conduire à une surcharge, puis à un surentraînement dont la gravité sera proportionnelle à la durée durant laquelle vous aurez décidé de faire fi de vos “signaux” de fatigue.

 

 

Je préfère vous avertir à l’avance :

 

 

Je ne suis pas DU TOUT fan des boosters pré-workout !

 

 

Non pas par principe – enfin, si, un peu quand même – mais surtout parce que la plupart de mes expériences avec se sont avérées être, à terme, infructueuses, pour ne pas dire totalement contre-productives.

Aussi, préfère-je vous en aviser d’emblée.

Que vous sachiez ainsi à quoi vous en tenir si au terme de la lecture de cet article, vous vous découvriez l’envie impérieuse de prendre votre dernier pot de SuperDump NO-X 6.9 et de le mixer avec l’eau de la cuvette des chiot… toilettes (Gare à l’explosion !).

Mais avant d’en arriver là, un minimum d’objectivité s’impose.

Par conséquent …

 

 

… quels sont les avantages à consommer des boosters pré-workout ?

 

 

 

Les avantages rapportés de la consommation de boosters pré-workout peuvent se résumer en cinq points, lesquels sont :

 

 

1. Une acuité mentale accrue

 

La plupart des boosters pré-workout sont “superchargés” en caféine.

Ils en contiennent en effet, en moyenne, entre 100 et 300 milligrammes par portion.

 

 

Pour vous donner un ordre de grandeur, ceci revient à consommer 8 bouteilles de Coca-Cola™ d’un coup, ou 4 canettes de Red Bull™ d’affilée !

 

Pas étonnant qu’à cette hauteur, ils aient de quoi vous réveiller !

 

 Hot Blood caféine =vs_redim

 

À cet effet coup de fouet de la caféine s’ajoute en sus celui de substances dites “nootropiques” — telles que la yohimbine, le maca, la choline, la rhodiela rosea ou le citrus aurantium (orange amère)((NDA. Substances dont l’appellation scientifique est volontairement maintenue tel que afin de mieux vous impressionner.)).

Combinés, les effets psychostimulants de ces substances vont reproduire, à moindre échelle, ceux de produits dopants tels que l’éphédrine et la pseudo-éphédrine.

Concrètement, leur prise va se traduire chez vous par :

 Wai man ! J'ai pris quatre doses de booster

1. Une élimination des coups de pompes ;

2. Un report de la fatigue mentale (report ≠ élimination) ;

3. Une amélioration du focus ;

4. Un meilleur temps de réaction.

 

Ce faisant, sachez que ces effets ne dureront qu’un temps (CF. Accoutumance et Fatigue Nerveuse plus bas) …

 

 

2. Des niveaux d’énergie renforcés

 

Les propriétés énergisantes des boosters sont à mettre, elles aussi, en grande partie à l’actif de la caféine dont ils recèlent.

 

Grains de café_musclescaffeine_and_runners

En effet, de nombreuses études ont démontré que la prise de caféine((Pas nécessairement celle issue des boosters, celle d’un café faisant tout aussi bien l’affaire.)) avant l’entraînement exerçait un effet ergogénique double en stimulant légèrement la force et l’endurance musculaire

 

De plus, la grande majorité des boosters sont enrichis en créatine, en carnosine (ou son précurseur, la bêta-alanine), en polymères de glucose ainsi qu’en BCAAs, composés dont l’objectif est de vous aider à améliorer votre rendement à la salle et votre récupération musculaire en dehors.

 

 

Sauf que vous devez savoir que le dosage de ces composés dans les boosters est rarement optimal.

 

En outre, il existe des interactions entre eux qui vont se traduire soit par une réduction marquée de leurs effets isolés (CF. le cas de la créatine qui est par exemple beaucoup moins bien assimilée lorsque associée à de la caféine –  512.), soit par un cortège d’effets indésirables (CF. deuxième partie).

 

 

 

3. Une meilleure congestion & vasodilatation  

 

 

La majorité des boosters preworkout sont censés booster votre pump.

 

“Censés” oui car rares sont ceux à posséder de fait le bon cocktail d’ingrédients pour stimuler la synthèse du NO, cette molécule pourtant indispensable si vous voulez obtenir de bonnes congestions musculaires (1a) !

 

 

L'arginine est massivement détruite au cours d'un processus métabolique nommé "uérogénèse". Ceci signifie concrètement que peu de celle que vous consommez à travers vos suppléments réussit à atteindre votre sang où elle peut servir à stimuler la synthèse du NO (monoxyde d'azote), la molécule indispensable si vous voulez obtenir un bon pump et une bonne vaso' (pour en savoir plus à ce sujet, cliquez ici).

 

Si vous vous souvenez, l’arginine est massivement détruite au cours d’un processus métabolique nommé “uérogénèse”. Ceci signifie concrètement que peu de l’arginine que vous consommez à travers vos suppléments va réussir à atteindre votre sang où elle pourra ensuite servir à synthétiser du NO (monoxyde d’azote).

 

Son précurseur naturel, la L-Citrulline, n’est pour sa part pas victime de ce défaut d’assimilation. C’est pourquoi, si vous voulez obtenir de bons pump et une bonne vaso’, il est préférable que vous vous supplémentiez en citrulline plutôt qu’en arginine. 

 

 

 

 

Si la plupart sont composés d’arginine, bien plus rares en effet sont ceux à proposer de la citrulline en addition (ou à en spécifier la quantité quand ils le font).

Et à l’absence de cet acide aminé s’ajoute celle presque systématique de deux des composés les plus importants dans le cadre de la synthèse du NO((Sauf dans les boosters plus onéreux de la nouvelle génération.)) : l’extrait de betterave et la glycine-propionil-l-carnitine (GPLC).

 

 

 

 

 

 

Ces “grands oubliés” dans la formulation des boosters font que ces derniers n’honorent que rarement leurs promesses en matière de stimulation du pump et de la vasodilatation.

 

Et quand ils le font, ces effets s’estompent généralement vite !

 

 

 

4. Une accélération de la fonte adipeuse

 

L-carnitine, yerba maté, caféine, ECGC, forskoline, l-tyrosine, yohimbine, orange amèreetc, etc …

… la plupart des boosters sont truffés de stimulants qui, additionnés les uns aux autres, ont pour mission de vous transformer en machine à brûler du gras.  

Orange amèreD’abord, vous avez ceux qui provoquent une élévation sensible de votre métabolisme de base, en favorisant notamment l’élévation de votre température corporelle (thermogenèse). Ces stimulants sont entre autre : la caféine, le guarana, le thé vert (ECGC) et l’orange amère.

Écorce de yohimbeEnsuite, vous avez ceux qui favorisent la mobilisation et l’oxydation de vos stocks de graisses corporelles, en particulier au cours de l’effort. Ce sont entre autre : la l-carnitine, le maté, les BCAAs, la forskoline et la yomhimbine.

Enfin, vous avez ceux qui vont agir sur votre appétit, en le réduisant. Ces stimulants sont entre autre : la l-tyrosine, la caféine et la yomhimbine.

 

 

Bien que la plupart de ces substances aient un effet brûle-graisse avéré, gardez-vous néanmoins de le surestimer ! 

 

Celui-ci est en effet totalement subsidiaire par rapport … :

 

1. … à la quantité de calories que vous ingérez vs. celle que vous dépensez durant la journée (l’importance du déficit calorique) ;

 

2. … à la provenance de ces calories (i.e. la qualité de votre alimentation) ;

 

3. … votre hygiène de vie en général (sommeil suffisant, gestion du stress, etc.).

 

 

 

5. Un accroissement de la synthèse protéique :

 

Enfin, l’un des derniers bénéfices rapportés de la consommation de boosters pré-workout serait qu’ils accroissent la synthèse protéique.

Cet argument se fonde essentiellement sur le fait qu’ils sont souvent enrichis en BCAAs (leucine, isoleucine et valine), des acides aminés qui exercent une action puissante sur le plan anabolique (6).

L’intérêt d’un anabolisme accru, en particulier après l’effort, est que celui-ci va se traduire, à terme, par des gains musculaires et une perte de gras plus importante (9b).

 

 

Sauf qu’encore une fois, il n’est pas absolument nécessaire de se supplémenter en BCAAs pour stimuler votre anabolisme, en particulier si vos apports en protéines et en glucides sont suffisants.

 

Une dose de whey avant et après votre séance((NDA. Notamment si vous y ajoutez de la créatine, du HMB et un peu de caséine ou de lait à ce moment-là.)) fera tout aussi bien l’affaire, sinon mieux car en plus de vous pourvoir des BCAAs, la whey vous fournira de surcroît des acides aminés conditionnellement essentiels qui prolongeront l’action pro-anabolique et anticatabolique des BCAAs.

 

 

Image-à-la-une_FB_Les-BCAA-favoriseraient-ils-lanxiété- (1)

L’action anti-catabolique des BCAAs ne doit pas occulter le fait que lorsque consommés à l’excès, ces derniers ne retardent non seulement pas l’apparition de la fatigue au cours de l’effort mais semblent, au contraire, en favoriser à terme l’installation durable. Pour en savoir plus sur ce fait scientifiquement étayé (mais assez peu relayé par les magasines qui en font la promotion), je vous invite à lire cet ancien article.

 

 

 

Quels sont les inconvénients à consommer des boosters pré-workout ?

 

Malgré l’intérêt a priori évident pour certains de le faire,

 

 

… je vous déconseille de consommer des boosters pré-workout (sauf ponctuellement), et ce, pour  au moins six raisons :

 

 

 

1. Palpitations et hypertension artérielle

 

Comme je l’ai évoqué dans la partie précédente, la grande majorité des boosters pré-workout sont “superchargés” en caféine, substance qui est d’ailleurs en grande partie à l’origine de leurs effets positifs sur la performance et la fonte adipeuse.

À cette caféine est en outre souvent associée un cocktail de substances psychostimulantes, telle que la yohimbine ou l’orange amère (citrus aurantium), dont la présence est justement censée magnifier ces effets de la caféine.

 

 

Le hic, c’est que l’addition de tous ces stimulants — dont les deux suscités produisent des effets semblables à ceux des amphétamines  —  va produire un cocktail si détonnant que votre organisme pourrait avoir du mal à l’encaisser … sinon au départ, probablement après des mois de consommation de produits de ce type !

 

 

Palpitations

Par exemple, lorsque associé à de la caféine, l’orange amère — qui contient de la synéphrine, un composé très proche de l’éphédrine((Substance interdite à la vente aux États-Unis et au Canada depuis 2003.)) — causerait des troubles cardiovasculaires pouvant aller de simples palpitations à l’arrêt cardiaque (311).

 

 

Pour avoir expérimenté ces premières (et plus encore) à la suite de la consommation de boosters en contenant, je peux le certifier.

 

Blood Pressure Cuff 1

En outre, de nombreux rapports scientifiques indiquent que la yohimbine — extraite de l’écorce d’un arbre aux vertus aphrodisiaques, le yohimbe — provoquerait une élévation de la tension artérielle, en particulier lorsque consommée avec des suppléments contenant de la caféine et de la synéphrine (4).

 

 

Si vous ajoutez à cela la flopée d’autres stimulants que certaines compagnies ont jusqu’à la folie mercantile d’ajouter à leur formule (pour créer, je cite : “Le Meilleur Produit du Marché jamais Égalé dans l’Histoire de l’Humanité toute Entière, Excepté Chuck Norris !”), vous avez de quoi soit :

Lapin Duracell_gauche

1. … au meilleur des cas, vous transformer en lapin Duracell® (mais cet effet “pile électrique” ne durera qu’un temps) ;

2. … au pire des cas, creuser votre propre tombe (avez-vous une idée de ce qu’il se passe lorsque vous laissez une batterie de 110 constamment branchée sur du 220 ? La réponse explosive ici).

 

 

2. Troubles digestifs

 

En raison de la présence de tous ces stimulants, il n’est pas rare de voir la prise de certains boosters se traduire, immédiatement ou à terme, par un ensemble de troubles digestifs tels que :

Toute la poésie de l'art contemporain illustrée en une image ...

 

Toute la poésie de l’art contemporain illustrée en une image.  …

 

 

a. des ballonnements,

b. des nausées, des reflux voire des vomissements ;

c. des crampes d’estomac ;

d. de la diarrhée, suivie généralement par des épisodes de constipation ;

 

Ces symptômes sont d’abord le corollaire des effets pétaradants que ces produits vont exercer sur votre tension artérielle et votre système cardiovasculaire.

Mais ils sont également la conséquence de la mauvaise assimilation de certains des composés qu’ils contiennent.

Je pense ici notamment à l’arginine — plus souvent présente sous sa forme HCL que peptidique (AKG entre autre) — et au magnésium — présent sous ses formes organiques (oxyde ou carbonate) plutôt que chélatées.

 

 

Sous ces formes à faible biodisponibilité, ces deux composés sont fortement susceptibles d’occasionner chez vous des troubles digestifs divers, en particulier s’ils sont combinés à du bicarbonate de soude et de la bêta-alanine, deux substances qui lorsque prises isolément, en occasionnent déjà.

 

 

 

Une simple question de fric !

 

Si les fabricants de boosters optent en partie pour des ingrédients dont la biodisponibilité est mauvaise, c’est parce que ceux-ci leurs reviennent beaucoup moins chers à l’achat que des produits de meilleure qualité.

 phactflush6

À titre d’exemple, un sachet de 500 grammes de magnésium carbonate coûte 11,75 $ à l’achat tandis qu’un sachet équivalent de magnésium glycinate, une forme bien mieux assimilable, en coûte près de 4 fois plus, 43,75 $.  C’est pourquoi vous trouverez bien plus souvent cette première forme de magnésium (ou de l’oxyde) dans les boosters que la seconde. 

 

En économisant ainsi sur la qualité (ou la quantité) des ingrédients qu’ils mettent dans leurs produits, les fabricants peuvent ainsi réduire leur coût de production et augmenter leur marge bénéficiaire. 

 

 

 

3. Altération du sommeil 

 

Truffé de caféine et de stimulants en tout genre, les boosters boostent … tant et si bien d’ailleurs que parfois, vous ne pouvez plus vous calmer !

 

 

Lorsque pris trop tardivement, ce qui est souvent le cas, ils peuvent retarder l’apparition du sommeil, voire en altérer considérablement la qualité.

 

Votre sommeil devient alors léger, vous vous réveiller plus tôt — voire beaucoup plus tôt — qu’à l’accoutumé, vos réveils nocturnes sont fréquents (notamment pour aller uriner) et plus problématique encore : le matin au réveil, vous ne vous sentez pas du tout reposé(e).

 

Les conséquences d''une privation chronique de sommeil sur les performances physique et mentale sont nombreuses. Pour en savoir plus à ce sujet, veuillez cliquer ici.

 

Les conséquences d’une privation chronique de sommeil sur les performances physique et mentale sont nombreuses. Pour en savoir plus à ce sujet, veuillez cliquer ici.

 

 

Ponctuellement, ceci ne pose pas de problème, une mauvaise nuit de sommeil étant très aisément “encaissable”.


Mais
lorsque les mauvaises nuits de ce type se succèdent, votre dette de sommeil augmente et va alors conduire à une dégradation notable de votre forme physique et mentale.

 

 

 

Vous deviendrez dès lors plus sensible aux effets du stress sous ses diverses formes, qu’il s’agisse du stress de l’entraînement comme celui de la vie en général (18). 

 

 

Irritabilité, instabilité émotionnelle, grande nervosité, le tout sur fond de fatigabilité accrue et de troubles physiologiques divers (notamment digestifs et immunitaires) … font partie du cortège de symptômes que vous pourriez dès lors expérimenter.

Or, ces symptômes seront aggravés par la prise des boosters si vous continuez d’en prendre, ce que vous ferez probablement car …

 

 

4. Accoutumance

 

… pour endiguer cette “dette de fatigue” qui ne cesse de se creuser, vous allez avoir de plus en plus besoin de stimulants. Histoire de ne pas piquer du nez à la salle.

 

Punaise, je crois que j'aurais pas du mixer mon preworkout_

Et hop, vas-y que je te mixe mon booster dans trois Nespressos™ et deux Red Bull™ histoire de bien en accentuer l’effet coup de fouet !

Et hop, vas-y que je t’ajoute 3 grammes de l-tyrosine avec afin de contrer cette fatigue qui me plombe la motivation et le moral !

Et hop, vas-y que je me surdose en vitamines en parallèle parce que c’est certainement pour ça que je me sens totalement lessivé(e) !

 

Sauf que si vous en êtes arrivé(e) à ce stade, c’est-à-dire celui où chacune de vos séances requiert la prise préalable de plusieurs doses de pré-workout pour ne serait-ce que réussir à garder les yeux ouverts, sachez mes ami(e)s qu’il est déjà trop tard !

 

 

Trop tard oui car cette “stratégie du déni” visant à camoufler votre fatigue nerveuse par la prise d’excitants chimiques et/ou naturels toujours plus forts n’a fait que cela : la camoufler … tout en vous rendant en parallèle totalement dépendant à la prise de ces derniers  !

 

Ergo : vous devez consommer toujours plus d’excitants pour contrer les effets d’une fatigue toujours plus forte !

 

 

Et ce cercle vicieux de la fatigue — accoutumance / dépendance aux stimulants est en train de vous conduire, petit-à-petit, droit dans le mur du surentraînement, purgatoire de la fatigue chronique et antichambre de la dépression nerveuse …

 

Dette de fatigue_Corrigé

La symptomatologie du surentraînement chronique (notamment de type Basedowid) chevauchant en grande partie celle de la fatigue chronique et de la fatigue nerveuse : ne s’agirait-il pas en fait de trois termes différents pour désigner la même réalité clinique ?

 

Bien entendu, ceci n’est pas une issue systématique, mais potentielle … si vous décidez de continuer à faire fi des signaux de fatigue que votre corps vous envoie.

 

 

 

5. Mauvais dosage et mauvais timing

 

Enfin, le côté “tout-en-un” des boosters pré-workout — qui est l’un de leurs principaux attraits pour la plupart des gens — s’avère aussi être l’un de leurs gros défauts.

 

 

En effet, compte-tenu de la complexité de leur formulation, certains fabricants en profitent pour ne pas avoir à spécifier la quantité exacte de chacun des ingrédients qu’ils y mettent((NDA. C’est le fameux “mélange propriétaire” (proprietary blend) si arrangeant pour les affaires de tout le monde !)).

 

Concrètement, ceci signifie que vous ne pouvez pas savoir si les ingrédients qui compose la formule de votre booster sont dosés correctement.

 

Hot blood

NO XPlodeExemples : comment savoir si les apports en bêta-alanine ou en l-carnitine du Hot Blood sont suffisants puisque cela n’est aucunement détaillé sur l’étiquette ? Correspondent-ils par ailleurs à ceux, optimaux, établis par la science (3,2 grammes pour la première env. et 1,5 à 3 grammes pour la seconde) ?

Ou encore : la quantité d’arginine HCL du NO Xplode est-elle inférieure à celle de l’AAKG (ce qui serait préférable), et non l’inverse ?

 

 

En outre, n’oubliez pas que le timing des suppléments est susceptible de faire une petite différence en termes de performances et de composition corporelle (2).

 

Or, la prise de booster pré-workout supprime toute possibilité d’utiliser ce timing  à son avantage puisque tous les ingrédients — de la créatine à la caféine, en passant par le di-phosphate de calcium et le magnésium — sont consommés en même temps, produisant parfois un incroyable cocktail de substances aux effets totalement antagonistes (d’où les effets secondaires rencontrés) !

 

 

À titre d’exemple, rien qu’un shot d’Assault vous pourvoira en même temps : de la créatine, de la caféine, de la carnosine, de la vitamine C, E, B6, B12 (Et à des hauteurs toxiques qui plus est — voir notamment le cas de la vitamine C et E ici !),  de la citrulline, de la tyrosine, de l’AAKG, du calcium, du phosphore, de l’eau de javel((Pas vrai.)), du bicarbonate de soude, de l’essence((Pas vrai aussi.)) etc. …

… et je vous laisse compléter la liste en zieutant l’étiquette de ce produit populaire …

 Nutrition facts_MP Assault

 

Bien entendu, certains d’entre vous m’objecteront qu’il s’agit là d’un argument de puriste, ayant moi-même dit et répété que ce qui comptait, c’était moins le timing de la prise des suppléments que leur prise tout court.

Soit.

Ce faisant, considérerez-vous ce dernier argument comme de puriste lui-aussi ?

 

 

6. Frelatage et produits dopants

 

Méfiez-vous des substances cachées dans les boosters !

 

Rob_RichesRob Riches ne l’a pas fait lui et il a fini par s’en mordre les doigts.

 

Ce modèle de fitness britannique s’est en effet fait déchoir de son titre de Men’s Physique en 2013 après que des examens d’urine aient révélé que cette dernière contenait des traces de N,α-diethyl-phenylethylamine, un stimulant interdit par l’Agence Mondiale Anti-Dopage.

Lui-même surpris de le découvrir,  Rob Riches aurait, selon son témoignagecommencé dès lors à effectuer ses propres recherches pour retracer l’origine de cette substance qu’il déclare n’avoir jamais consommé délibérément. Et ce serait dans un booster pré-workout très en vogue à l’époque — le Craze — qu’il aurait réussit à mettre le doigt dessus ! 

 

Sauf que comme lui-même l’écrivait sur son blog à la suite de cette affaire, la présence de cette substance n’est aucunement mentionnée dans la liste des ingrédients du produit”, fait véridique puisque corroboré par une étude conduite à Harvard en octobre 2013 (1b).   

 

Et ladite étude d’ajouter d’ailleurs : 

 

“Des substances chimiques prohibées ont été détectées dans des centaines de suppléments supposés être naturels.”

 

 

Á noter que le Craze a été retiré du marché à la suite de la publication de cette étude.

 C4 Cellucor

* Avis aux consommateurs : il semblerait que le supplément C4 Extreme des laboratoires Cellulcor (actuellement en vente dans le commerce) contienne lui aussi un dérivé d’amphétamine, la D-Amphétamine, une substance bannie par l’AMA mais qui n’est aucunement mentionnée sur l’étiquette du produit. Prenez garde !

 

 

En bref, faut-il ou ne faut-il pas consommer de boosters pré-workout ?

 

Parce que chez moi, leurs effets négatifs a toujours fini, à court ou moyen terme, par supplanter leurs effets positifs …

  

… je ne vous recommande pas de consommer de boosters pré-workout, hormis de façon (très) occasionnelle. 

 

 

Quelles sont donc ces occasions ? 

 

Occasion # 1 : vous tenez absolument à vous entraîner, et ce, malgré une dette de fatigue que vous savez d’expérience “solvable” en deux à trois jours de repos. Vous savez aussi que vous allez pouvoir vous allouer ces jours de repos sous peu. Dans ce cas de figure, consommer une dose de pré-workout peut vous aider à améliorer votre rendement à la salle, ce jour-là.  

 

Occasion # 2 : vous tenez à battre l’un de vos précédents records de force ou d’endurance sur un exercice en particulier. Là encore, la prise d’un booster riche en caféine et en stimulants pourrait vous aider à le battre pourvu que vous vous soyez correctement préparé(e) en amont (récupération suffisante, entraînement progressif et correctement plannifié, etc.)

 

 

Excepté ces deux occasions, je ne vois autrement pas du tout la pertinence de consommer des produits de ce type à l’année longue.

 

Au contraire même, je considère que les risques potentiels qu’il y a à le faire de façon systématique — c’est-à-dire à en prendre y compris les jours où vous pouvez très bien vous en passer — outrepassent largement les bénéfices que l’on peut escompter en retirer (2b).

 

Balance pour et contre

 

Comme je l’ai exposé dans cet article, l’un des plus gros défauts de la grande majorité des boosters vient justement de ce qu’ils sont, selon moi, beaucoup trop riches en stimulants, stimulants dont la fonction principale vise à  “camoufler” votre fatigue musculaire et nerveuse.

 

 

Or, n’oubliez pas qu’à l’instar de la douleur, la fatigue est un signal naturel que votre organisme émet pour vous faire savoir que quelque chose ne tourne pas rond.

 

En l’espèce ici, il s’agit pour lui de vous avertir qu’un déficit de récupération existe et qu’il doit être résorbé si vous voulez continuer à progresser.

 

 

Le hic, c’est qu’en “camouflant” ce déficit (à l’instar des anti-inflammatoires pour la douleur), les boosters vont non seulement contribuer à le creuser mais également à vous rendre de plus en plus dépendant à leur prise … un peu à l’instar d’un bateau dont les cales prendraient l’eau de toute part mais que vous chercheriez envers et contre tout à maintenir à flot en poussant de plus en plus fort sur les manettes. 

 

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Or, vous conviendrez que ceci n’est pas une stratégie saine et efficace pour réussir à “mener votre bateau à bon port” (i.e. progresser sur le long terme) !

 

N’oubliez pas en effet que comme “l’eau qui s’infiltre dans les cales”, la fatigue est un processus CUMULATIF !

 

 

 

Bien entendu, certains objecteront que mon expérience avec les boosters ne se cantonne qu’à moi et qu’il ne faut pas faire de mon cas une généralité. D’autres ajouteront que tout dépend des boosters dont il s’agit, les effets stimulants étant plus ou moins marqués selon les marques. Enfin, les plus érudits argueront que de nombreuses études ont démontré que les boosters pré-workout étaient efficaces pour accroître la performance sportive et favoriser la recomposition corporelle((NDA. Sauf qu’ “hasard des coïncidences” ou pas,  toutes ces “études” ont été financées par les compagnies qui fabriquent ces produits, un conflit d’intérêt criard auquel s’ajoute le fait qu’elles souffrent presque toutes d’une myriade d’écueils méthodologiques.)) (7,  910).

 

À ceux là, je répond oui … mais non.

 

Réponse insuffisamment élaborée ou pas, si vous tenez vraiment à en consommer, je vous recommande expressément de respecter les six règles suivantes :

 

Règle # 1 : N’en consommez que ponctuellement, pour l’une des deux occasions sus-décrites. Et ne dépassez pas plus de trois prises, tout booster confondu, par semaine !

 

Règle # 2 : Cyclez-en la prise afin de ne pas vous accoutumer aux effets. Achetez un pot, consommez-le jusqu’au bout puis attendez quelques semaines (voire mois) avant de racheter le pot suivant. Profitez alors de “ce mois de sevrage” pour récupérer et faire des entraînements moins intenses (décharge).

 

Règle # 3 : N’en consommez pas qui contiennent de stimulants si vous êtes d’ores et déjà sensibles aux effets de la caféine et du stress sous toutes ses formes (irritabilité, angoisse, bruit, etc.). Ils ne feront en effet qu’empirer la situation. 

 

Règle # 4 : Évitez d’en consommer dans les cinq heures précédant le coucher, en particulier si vous souffrez déjà de troubles du sommeil. Là aussi, ils ne feront sinon qu’aggraver la situation. 

 

Règle # 5 : Ne dépassez jamais les doses prescrites. Si vous êtes dans l’obligation physiologique et psychologique de le faire, c’est qu’il est alors probablement trop tard (cf. section “Accoutumance et Fatigue Adrénergique). 

 

Règle # 6 : N’achetez que des boosters pré-workout contenant la mention “Sans drogue” ou un certificat du type NSF ou BSBG sur leur étiquette (optez pour les marques les plus connues car ce sont généralement celles dont les produits sont les plus régulièrement passés au crible de la science). Ceci vous évitera ainsi des démêlés avec l’Agence Mondiale AntiDopage si d’aventure, vous participez à des compétitions officielles au cours desquelles des contrôles de ce type sont effectués.  

 

 

_____________________________________________________________________________________________________________

(1) AlDabal L, BaHammam AS. Metabolic, endocrine, and immune consequences of sleep deprivation. Open Respir Med J. 2011; 5: 31–43. Epub 23 Juin 2011.

(1a) Case Performance. Nitric oxide supps’ part II : Let’s pump you up … or not ?!  Retrouvé le 03/08/2015 : http://www.caseperformance.com/127/nitric-oxide-supp-s-part-ii-let-s-pump-you-up-or-not

(1b) Cohen PA, Travis JC, Venhuis BJ. A methamphetamine analog (N,α-diethyl-phenylethylamine) identified in a mainstream dietary supplement. Drug Test Anal. Juil 2014 ; 6(7-8) : 805-7. Epub 2013 Oct 14.

(2) Cribb PJ, Hayes A. Effects of supplement timing and resistance exercise on skeletal muscle hypertrophy. Med Sci Sports Exerc. Nov 2006 ; 38(11) : 1918-25.

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