Cancer : 30% du remède se trouve dans votre assiette !

 

Les vitamines, les minéraux et les oligo-éléments constituent ce que l’on appelle “les micronutriments”.

Comme leur nom l’indique, il s’agit de petites particules présentes dans la nourriture qui, bien que nécessaires en faibles voire très faibles quantités (dans le cas des oligo-éléments), n’en demeurent par moins indispensables au bon fonctionnement du corps humain.

Il existe environ une quarantaine de vitamines, minéraux et éléments biochimiques essentiels, lesquels sont virtuellement responsables de la plupart des processus métaboliques et développementaux prenant place au sein de l’organisme (production d’énergie, division cellulaire, digestion, régénération de l’ADN,restructuration tissulaire, etc, etc ; 5 ; 6 ; 16).

À cette enseigne, tout déséquilibre prolongé dans l’apport d’un de ces micronutriments – et ce, tant dans le sens d’un excès que d’un manque d’apport – est susceptible de compromettre une partie de votre organisme dont le fonctionnement en dépend : cette dernière aura en effet soit trop, soit pas assez du micronutriment en question pour fonctionner de façon optimale.

Si non corrigé à temps, ce déséquilibre micronutritionnel peut conduire au développement d’une maladie.

 

Micronutriments : késaco ?

Vitamins & minerals

De fait, il existe 4 familles de micronutriments* :

•    les vitamines (A, C, E, complexe B, D, etc.)

•    les minéraux et les oligo-éléments (calcium, potassium, sodium, magnésium, fer, zinc, manganèse, cuivre, cobalt, etc.)

•    les acides gras essentiels (omégas 3, 6 et 9)

•    les acides aminés (leucine, isoleucine, valine, tryptophane, tyrosine, glycine, etc.)

* À noter que nous ne nous concentrerons que sur les deux premières familles ici dans la mesure où les effets cancérigènes de la carence ou de l’excès d’apport en acides gras essentiels et en acides aminés sont, à l’exception de certains, relativement mal documentés dans la littérature scientifique.

 

 

Comment expliquer qu’un déséquilibre en vitamines ou minéraux puisse provoquer le cancer ?

 

Vous devez probablement savoir que le corps humain privilégie toujours sa survie immédiate à sa survie à long terme.

Image 1 – Le corps dispose de son propre dispositif d'alarme, système qui se déclenche dès lors que votre survie à court-terme est en danger et provoque une concentration de l'ensemble des ressources du corps vers le désamorçage de ce dispositif le temps qu'il sonne.
Image 1 – Le corps dispose de son propre système d’alarme, lequel se “déclenche” dès lors que sa survie immédiate est menacée. L’enclenchement de ce dispositif de sécurité va alors provoquer une “concentration” immédiate de l’ensemble des ressources de l’organisme vers le seul et unique désamorçage du danger rencontré (i.e. le déséquilibre micronutritionnel en l’occurence) et ce, jusqu’à ce que celui-ci soit définitivement écarté.

Ceci signifie donc que tout déséquilibre micronutritionnel susceptible d’en menacer le fonctionnement présent en devient dès lors « la préoccupation » immédiate.

En cas de manque d’apports en minéraux par exemple, le corps va se charger d’allouer ceux, limités, qu’il a de disponible “sous la main” vers les organes vitaux et/ou fonctions vitales de votre organisme (circulation sanguine, régulation du rythme cardiaque, digestion, etc.) car votre survie à courte échéance dépend d’eux tandis qu’eux dépendent du pourvoi constant en ces minéraux.

Par voie de conséquence, les autres organes ou fonctions moins essentielles à votre survie immédiate – comme la régénération de votre ADN ou la croissance de vos tissus – seront délaissées le temps que durera cette « sous-nutrition », une situation qui, si non prestement corrigée, peut à longue échéance engendrer de fâcheuses conséquences sur votre santé, parmi lesquelles celle de promouvoir l’apparition du … cancer !

 

 

Vos habitudes alimentaires déterminent pour 1/3 votre risque de contracter un cancer !

 

« Vous voulez donc dire que mes risques de contracter un cancer dépendent en grande partie de ce que je mange ?! »

C’est exactement ça !

De fait, nombreuses sont les études à avoir démontré le rôle des habitudes alimentaires dans l’étiologie du cancer.

Il ressort ainsi de nombreux rapports scientifiques que vos habitudes alimentaires déterminent pour 1/3 (soit environ 30 %) votre risque de contracter ou non un cancer, et ce, quel qu’en soit la forme (2) !

Cette statistique prend encore plus de sens lorsque l’on la compare à un autre facteur de risque réputé de la maladie, la consommation de tabac, qui compte elle aussi pour 30% des risques de contracter la maladie.

Autrement dit, en termes d’effets cancérigènes, manger mal est “aussi pire” que de fumer régulièrement. Bien évidemment, inutile de vous dire ce que ceci signifie si vous avez la très fâcheuse manie de coupler ces deux mauvaises habitudes l’une à l’autre (30%+30% = roulette russe) …

 

Pie Chart_Facteurs de risque du cancer

 

30 % : une estimation qui peut-être revue à la hausse !

30 pourcent_un chiffre à revoir à la hausse

À noter que les 30% de risques que vous contractiez un cancer en raison de mauvaises habitudes alimentaires peuvent être revus à la hausse car le facteur héréditaire – qui compte, lui, pour 15% dans le risque de contracter la maladie – est susceptible d’être corrigé ou aggravé par vos habitudes à table.

En effet, dans le cas du polymorphisme génétique*, la fonction d’un nutriment est par exemple entravée dans votre organisme en raison du dysfonctionnement d’une enzyme chargée d’en assurer le métabolisme (3 ; 10 ; 11).

En d’autres termes, ceci signifie que votre corps est incapable de bien utiliser le nutriment en question en raison d’un défaut génétique qui en empêche l’assimilation et l’utilisation correctes.

Dans ce cas précis, si vous augmentez votre apport en ce micronutriment spécifique par le biais d’une nutrition ou d’une supplémentation adaptée, vous pouvez généralement corriger ce « défaut génétique » qui pousse votre corps à éliminer le nutriment plutôt qu’à l’utiliser à bon escient.

Ceci aura alors pour effet de pallier la carence micronutritionnelle qui se serait inéluctablement créée si vous ne l’aviez pas fait ; un déséquilibre qui – pour en revenir à ce que nous avons dit au départ – majore alors vos risques de contracter à terme une forme ou une autre de cancer.

À noter qu’il s’agit d’une des rares instances où « plus peut dire mieux ».

Plus de 50 types de polymorphismes génétiques

mutation

* Il existe environ une cinquantaine de maladies génétiques humaines attribuables à un polymorphisme génétique. Ces dernières sont susceptibles d’être prévenues ou guéries par la consommation en quantité importante du micronutriment (i.e. de la vitamine, de l’oligo-élément,  du minéral, de l’acide gras ou de l’acide aminé) correspondant à la coenzyme défectueuse chargée d’en assurer le métabolisme.

Par exemple, dans le cas d’un polymorphisme du gène TRMP6 ou TRMP7, l’homéostasie cellulaire du magnésium  est perturbée car ces deux gènes sont chargés d’en assurer le transport à l’intérieur de la cellule (12).

Dans pareil cas, un apport diététique ou médicamenteux supplémentaire en ce minéral peut donc aider votre organisme à pallier à ce défaut d’absorption qui si non corrigé, se traduira irrémédiablement par le développement d’une déficience chronique en magnésium (hypomagnésémie).

Cette dernière vous prédisposera alors à développer certains types de cancers comme celui des ovaires, de testicules ou du thymus (voir le tableau de la section suivante).

 

 

Cancers et déséquilibres micro-nutritionnels associés 

 

Dans le tableau présenté ci-dessous sont listés quelque quarante micronutriments dont la carence et/ou l’excès est associée à une ou plusieurs forme(s) de cancer.

En deuxième partie de tableau sont également présentés une série de procédés diététiques naturels dont l’effet anticancer est documenté dans la littérature scientifique.

 

Tableau_VFin_Cancers, déséquilibres micronutritionnels associés, sources alimentaires de ces micronutriments et remède naturels

 

Comme vous pouvez le voir, dans la plupart des cas, l’excès d’un micronutriment peut aussi bien provoquer l’apparition du cancer que sa carence.

Ceci souligne donc bien les dangers de l’hypervitaminose, autrement dit de l’excès de la consommation de vitamines synthétiques, que d’aucuns estiment totalement anodines alors que dans les faits, elle ne l’est pas.

À titre d’information*, de nombreuses études conduites au cours des dix dernières années ont démontré que la prise quotidienne d’un complexe multivitaminé augmentait la mortalité plutôt que de la réduire** (8 ; 14)

Bien qu’anecdotique, une étude conduite sur des fumeurs à qui l’on a administré quotidiennement de la vitamine A a par exemple du être stoppée lorsque les scientifiques en charge de l’étude ont constaté que la prise de cette vitamine avait augmenté le risque de décès par cancer du poumon de + 46% chez les participants ! (9)

Tenez le vous donc pour dit chantres du “plus veut absolument dire mieux”. En matière de mécanique humaine, ce n’est pas le cas, rarement même !

 

Que retenir de ceci ?

Tout simplement que si le cancer est une maladie qui vous préoccupe – soit parce que vous en souffrez, en avez souffert ou craignez un jour d’en souffrir –, vous devez savoir que + de 30 % de votre capacité à en majorer ou à en diminuer l’incidence se situe nulle autre part que dans votre assiette !

Contrairement au facteur génétique et environnemental, vos habitudes alimentaires sont en effet un facteur de risque sur lequel vous avez un contrôle TO-TAL !

Par conséquent, vous seul(e) pouvez choisir d’en minimiser ou non dès aujourd’hui l’impact délétère en commençant par bien manger, ce qui signifie manger des aliments diversifiés les plus naturels et  les plus bruts (=  les moins transformés industriellement) possibles.

Les effets carcinogènes (= pro-cancer) d’un excès en vitamines étant au moins aussi importants que ceux de leur déficience, la prise d’un complexe multivitaminé est une solution que vous ne devez envisager que de façon ponctuelle –c’est-à-dire sous la forme de cure d’un à deux mois par an maximumet qu’en ultime recours – c’est-à-dire après et seulement après avoir corrigé vos mauvaises habitudes alimentaires.

Quant à celles et ceux qui souffrent ou ont déjà souffert d’un cancer, sachez que vos chances de rémission sont plus grandes si en plus d’apprendre à bien manger, vous adoptez une attitude positive face à la maladie.

Des recherches ont ainsi démontré que la réponse psychologique de l’individu face au verdict d’un cancer pouvait être un facteur décisif de sa survie (4 ; 15 ).

Votre attitude conditionne en effet pour une large part la volonté et la combativité dont vous allez faire preuve face à la maladie. C’est elle qui peut vous pousser à arrêter le tabac si vous fumez (premier facteur de risque). C’est elle qui peut vous pousser à mieux manger si vous avez de mauvaises habitudes à table (deuxième facteur de risque). C’est elle qui peut vous pousser à faire du sport si vous êtes inactif (cinquième facteur de risque). Et c’est encore elle qui peut vous pousser à arrêter de boire si vous buvez (sixième facteur de risque). 

N’oubliez pas que si le corps a besoin de bonne nourriture, il en va de même de l’esprit !

Par conséquent, même si faire preuve d’un optimisme démesuré ne guérira pas miraculeusement votre cancer (7 ; 13), rester positif face à la maladie ne peut que contribuer à potentialiser les effets thérapeutiques de la meilleure des approches qui semblent prévaloir à ce jour pour en guérir, à savoir une combinaison des traitements anticancers conventionnels (chimiothérapie, hormonothérapie, radiothérapie, immunothérapie, etc.) et non-conventionnels (approche corps-esprit, acupuncture, correction des habitudes alimentaires, phytothérapie, etc.). 

 

 

* Ce sujet sera abordé plus un détail dans un prochain article.
** À noter que la plupart des études conduites sur le sujet n’ont démontré ni d’effet positif, ni d’effet négatif de la consommation de vitamines synthétiques sur la santé

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Références

(1) Acu-Cell.http. Cancer: Nutritional Causes, Treatments & Prev. Retrouvé le 03/04/2014 sur < // www.acu-cell.com/dis-can.html >

(2) Ames BN, Wakimoto P. Are vitamin and mineral deficiencies a major cancer risk? Nat Rev Cancer. 2002 Sep ; 2(9) : 694-704.

(3) Da Costa KA, Kozyreva OG, Song J, Galanko JA, Fischer LM, Zeisel SH. Common genetic polymorphisms affect the human requirement for the nutrient choline. FASEB J. Juil 2006 ; 20(9) :1336-44.

(4) De Moor JS, de Moor CA, Basen-Engquist K, Kudelka A, Bevers MW, Cohen L. Optimism, distress, health-related quality of life, and change in cancer antigen 125 among patients with ovarian cancer undergoing chemotherapy. Psychosom Med. Jul-Aug 2006 ; 68(4) : 555-62.

(5) Ezzati M, Lopez AD, Rodgers A, Vander Hoorn S, Murray CJ; Comparative Risk Assessment Collaborating Group. Selected major risk factors and global and regional burden of disease. Lancet. 2 Nov 2002 ; 360(9343) : 1347-60.

(6) Jamison DT, Breman JG, Measham AR, et al., editors. Disease Control Priorities in Developing Countries. Washington (DC): World Bank ; 2006 : 2nd edition.

(7) Jansen A et.al. Unrealistic Optimism in Early-Phase Oncology Trials. IRB. Jan-Fév 2011 ; 33(1) : 1–8.

(8) N.C. The effect of vitamin E and beta carotene on the incidence of lung cancer and other cancers in male smokers. The Alpha-Tocopherol, Beta Carotene Cancer Prevention Study Group. N Engl J Med. 14 Avr 1994 ; 330(15) : 1029-35.

(9) Omenn GS, Goodman GE, Thornquist MD, Balmes J, Cullen MR, Glass A, Keogh JP, Meyskens FL, Valanis B, Williams JH, Barnhart S, Hammar S. Effects of a combination of beta carotene and vitamin A on lung cancer and cardiovascular disease. N Engl J Med. 2 Mai 1996 ; 334(18) : 1150-5.

(10) Pei SN, Ma MC2, You HL3, Fu HC4, Kuo CY2, Rau KM5, Wang MC5, Lee CT6. TMPRSS6 rs855791 polymorphism influences the susceptibility to iron deficiency anemia in women at reproductive age. Int J Med Sci. 16 Avr 2014 ; 11(6) : 614-9.

(11) Santos-Rebouças CB, Corrêa JC, Bonomo A, Fintelman-Rodrigues N, Moura KC, Rodrigues CS, Santos JM, Pimentel MM. The impact of folate pathway polymorphisms combined to nutritional deficiency as a maternal predisposition factor for Down syndrome. Dis Markers. 2008 ; 25(3) : 149-57.

(12) Schlingmann KP, Waldegger S, Konrad M, Chubanov V, Gudermann T. TRPM6 and TRPM7–Gatekeepers of human magnesium metabolism. Biochim Biophys Acta. Août 2007 ; 1772(8) : 813-21. Epub le 3 Avril 2007.

(13) Schofield P, Ball D, Smith JG, Borland R, O’Brien P, Davis S, Olver I, Ryan G, Joseph D. Optimism and survival in lung carcinoma patients. Cancer. 15 Mar 2004 ; 100(6) : 1276-82.

(14) Stephens NG, Parsons A, Schofield PM, Kelly F, Cheeseman K, Mitchinson MJ. Randomised controlled trial of vitamin E in patients with coronary disease: Cambridge Heart Antioxidant Study (CHAOS). Lancet. 23 Mar 1996 ; 347(9004) : 781-6.

(15) Stewart DE1, Cheung AM, Duff S, Wong F, McQuestion M, Cheng T, Purdy L, Bunston T. Attributions of cause and recurrence in long-term breast cancer survivors. Psychooncology. Mar-Avr 2001 ; 10(2) : 179-83.

(16) World Health Organization. Micronutrient deficiencies. Retrouvé le 10 Novembre 2014 sur < http://www.who.int/nutrition/topics/ida/en/ >