Constamment fatigué(e) ? Pratiquez le Qi Jong !

 

« Constamment fatigué(e) ? Consommez Supradyngue ! »  « Chemicaline, le remède naturel contre la fatigue » « Si Judlavient, c’est Judlapine ! » …

Le matraquage publicitaire porte bien son nom car en effet, il matraque littéralement l’esprit ! Après vous avoir flanqué un bon coup sur la caboche, vous voilà à son entière merci, titubant groggy sur le ring de l’emprise intellectuelle et du comportement docile. En un claquement de slogans à peine, votre intellect est sous hypnose, laissant place alors à une cavité cérébrale inerte contrôlable à l’envie. Mais à l’envie de qui ?

À l’envie de l’industrie qui se cache derrière pardi – la pharmaceutique en l’occurrence ici – qui, grâce à ce brassage permanent d’images frôlant la tromperie, brasse justement des milliards qu’elle protège à tout prix, quitte par exemple à camoufler les conclusions parfois compromettantes d’études telles que celles de l’étude qui suit.

En l’espèce, comment réagiriez-vous en effet si vous, client(e)s de ces compagnies, appreniez par exemple qu’un simple sport de relaxation tel que le Qi gong s’avère largement plus efficace que tous les médicaments antifatigues censés lutter contre ladite ?

Vous continueriez à en acheter ?!

C’est bien ce que l’on pensait.

Incohérence assumée de côté, hameçonnage poético-conspirationniste effectué de l’autre, entrons sans plus tarder dans le vif du sujet.

 

 

Description intéressante de la méthodologie !

 

Dans le cadre d’une étude publiée en 2012 dans The Annals of Behavioral Medicine, R.T Ho et ses collègues ont suivi des patients atteints de SFC (Syndrome de Fatigue Chronique) au cours d’un programme de Qi gong d’une durée de quatre mois. Après avoir été assigné au « groupe Qi gong », 33 des 64 participants de l’étude (51 femmes et 13 hommes) ont été amenés à suivre deux sessions de cet art martial sous la supervision d’un professionnel durant cinq semaines. À la suite de ce stage propédeutique, les patients de ce groupe ont poursuivi leurs séances en solo à domicile, et ce, jusqu’à ce que l’intervention arrive à son terme.

 

 Le Qi Gong : un art martial ancestral !

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Une petite expédition sur Wikipédia nous apprend que “le qi gong” – également écrit “chi gong” ou “chi kung” – “est une gymnastique traditionnelle chinoise et une science de la respiration, fondée sur la connaissance et la maîtrise de l’énergie vitale.

Cette gymnastique, dérivée en partie d’un art martial séculaire, associe “mouvements lents, exercices respiratoires et concentration”.

Étymologiquement, le terme signifie littéralement « exercices (gong) relatif au qi », c’est-à-dire à la « maîtrise de l’énergie vitale ».

D’un point de vue scientifique, sa pratique a été associée à une baisse de l’hypertension artérielle (Cheung et.al, 2005 ;), une réduction du stress (Griffith et.al, 2008 ; Ho et.al, 2013) et enfin, un renforcement du système immunitaire (Lee et.al; 2003).

 

Au cours de cette période, les scientifiques hongkongais ont administrés régulièrement un questionnaire à leur sujets visant à évaluer l’évolution de la fatigue qu’ils ressentaient. Au début et à la fin de l’intervention, ils ont également mesuré l’activité télomérase de leurs cellules sanguines. Pour information, la télomérase est une enzyme chargée de réparer l’ADN cellulaire, ce qu’elle fait en protégeant la longueur des tolémères situés à l’extrémité de vos chromosomes. Connue sous le nom de « protéine de l’immortalité », sa découverte récente (1985 à peine) pourrait être la clé du traitement de nombreuses maladies dégénératives – parmi lesquelles, les maladies cardiaques, Alzheimer, Parkinson, etc. pour ne citer que les plus connues – et de la transplantation de cellules.

Digression pédagogique effectuée, voici les résultats que Ho et ses collègues ont relevé au terme des quatre mois de l’intervention :  

 

Graphique_Qi Gong vs
Graphique 1 – Effets des 4 mois de Qigong sur la perception de fatigue et l’activité télomérase des sujets atteints de syndrome de fatigue chronique : vous noterez que l’ensemble des paramètres se sont améliorées entre le début et la fin de l’intervention (Source image : Suppversity / Adaptation : Bodyssime)

 

 

Une étude rigoureuse et des résultats statistiquement significatifs impressionnants : une rare occurrence !

 

Si ces résultats ne vous parlent pas, permettez-nous le faire à leur place.

Croyez-nous : si un médicament antifatigue avait obtenu des résultats aussi spectaculaires que ceux rapportés ici, ce n’est plus de matraquage publicitaire dont vous seriez victime mais de marteau-pilonnage publicitaire ! Car impressionnants, ces résultats le sont à l’évidence.

Rendez-vous compte : voilà un « médicament » qui, en l’espace de quatre mois à peine, s’est traduit chez ses “consommateurs” par une réduction significative de tous les marqueurs subjectif de la fatigue (physique, mentale, totale), une amélioration significative de leur fonctionnement physique et mental et qui, cerise sur le gâteau, à favoriser la régénérescence de leurs cellules en accroissant de 75% l’activité télomérase de leurs cellules, prolongeant ainsi potentiellement leur espérance de vie !

Sûr : vous mangeriez de la soupe à sa propagande matin, midi et soir !

Sauf que voilà, le « médicament » en question ici n’en n’est pas un réellement puisqu’il ne s’agit « que » d’un « vulgaire » art martial asiatique, le Qi gong en l’occurrence. Non-brevetable, en sus de parfois être prodigué gratuitement par des maîtres-dispensateurs, il représente en substance la quintessence de l’hérésie financière et commerciale pour le cartel pharmaceutique !

 

Un peu d’équité dans votre discernement please

 

Alors oui, on la voit venir, votre grimace ! « Ces pratiques ésotériques de l’Asie, faut pas leur faire confiance non plus ! Tout au plus, vous font-elle croire que vous allez mieux quand dans les faits, vous n’allez pas réellement mieux voire pire encore, quand vous et votre porte-monnaie vous portez moins bien qu’avant de les avoir expérimentées. »

Si vous pensez cela, permettez-nous alors de vous poser la question suivante : pourquoi ne feriez-vous pas preuve du même esprit de discernement eût égard de l’industrie du psychotrope ? En effet, voilà 50 ans que des psychiatres se sont réunis autour d’une table pour inventer une discipline de toutes pièces (= la psychiatrie) et qu’a-t-elle de bien fait jusqu’à présent ?

Rien.

Les taux de suicide n’ont jamais été aussi élevés (cf. cadre ci-après) ; les sujets atteints de troubles du comportement donnent aujourd’hui naissance à des sociétés que l’on peut légitimement qualifier de « malades » ; quant aux patients traités pour dépression, leurs rangs croissent, année après année, à une vitesse probablement aussi exponentielle que celle des gains engrangés par l’industrie du psyché-prolifique. Alors oui, Messieurs, Dames : les vrais gagnants dans cette histoire, ce n’est pas vous, mais ceux qui ont encaissés pas moins de 84 milliards de dollars en 2014 en vous vendant des médicalmants qui vous ont anesthésié l’esprit !

 

Maladies mentales : la corne d’abondance de l’industrie du psychotrope !

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Selon l’association Suicide.org, le nombre de suicide a été supérieur à 1 million à travers le monde en 2004. Selon l’OMS, entre 1950 et 2010, le taux de suicide chez les hommes est passé d’environ 16 pour 100 000 à plus de 25 pour 100 000 tandis que chez les femmes, il a assez peu évolué, bien que la tendance enregistrée ait également été à la hausse.

Aux États-Unis, l’American Psychiatric Association a fait état dans son rapport annuel de 2013 d’un revenu total de 84,8 milliards de dollars (cf. page 29) contre un revenu de 73,4 milliards l’année précédente (cf. page 47), soit une hausse d’environ 15% en à peine un an ! Au niveau de la région Europe, bien que les revenus engrangés aient été a priori bien inférieurs (« a priori » car il n’est à aucun moment spécifié la devise, ni les unités utilisées dans les tableaux financiers du rapport de l’European Psychiatric Assocation), ils ont connu une croissance très nette en passant de 814 218 (millions d’euros probablement – cf. page 22) en 2012 à 1 139 507 (M€ probablement aussi –cf. la page 23) en 2013 !

 

 

Peur de paraître ridicule en faisant du Qi gong ? Mwai … Sortons le Pep Talk  !

 

Le propos de ce papier n’est évidemment pas de faire le procès de l’industrie du psychotrope. Pour ce faire, il existe d’excellents documentaires en ligne tels que « Psychiatrie, l’industrie de la mort » ou « Psychiatrie, le Marketing de la Folie » qui, bien que versant parfois dans le conspirationnisme primaire, feront bien mieux le travail que nous.

Le propos de ce papier, le voici : vous inviter à adopter une perspective nouvelle sur une technique prometteuse dont l’exotisme ne devrait pas d’emblée signifier “charlatanisme” dans votre esprit. Comme le démontre l’étude ci-présente, le Qi Gong semble être un art martial efficace pour canaliser le stress et juguler la fatigue du quotidien. 

Image 3 – La peur du ridicule – moins connue sous le juron scientifique de “katagélophobie” – ne doit pas vous empêcher de vivre ! Si c’est le cas, ayez quoiqu’il en soit la certitude que ce n’est ni la gélule X vendue par Pharmafric, ni le comprimé Y vendu par les Laboratoires Kivousprendpourdescouillons qui y feront quelque chose. Le médicament contre cette peur est en vous : il se nomme “courage”.

Après, il est vrai que vous pouvez refuser d’expérimenter cette technique pour d’autres raisons. L’une d’entre elles est la peur du ridicule ; vous savez, cette peur ridicule qui vous interdit de rejoindre le groupe d’individus qui gesticulent bizarrement en chœur dans le parc d’en bas de crainte de passer pour un aliéné mental. Sachez une chose à son sujet : si vous pouvez aisément succomber à la peur, au ridicule, vous ne pourrez pas. Le cas échéant, de brillants politiciens et d’illustres penseurs seraient mort jeunes, très jeunes même …

Toujours est-il que si vous faites le choix d’y succomber, il ne servira absolument à rien ensuite de rentrer chez vous vous enfiler une pilule verte pour les remords et bleue pour le manque de courage d’agir quand il le faut. Car n’oubliez pas ceci : le médicament contre la peur d’échouer ne se trouve pas dans votre armoire à pharmacie, il bat la mesure à seulement quelques encablures de votre peau.

 

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Références

Cheung BM, Lo JL, Fong DY, Chan MY, Wong SH, Wong VC, Lam KS, Lau CP, Karlberg JP. Randomised controlled trial of qigong in the treatment of mild essential hypertension. J Hum Hypertens. Sep 2005; 19(9):697-704.

Wikipédia. Qi Gong. Retrouvé le 22 Juillet 2007 sur < http://fr.wikipedia.org/wiki/Qi_gong >

Griffith JM, Hasley JP, Liu H, Severn DG, Conner LH, Adler LE. Qigong stress reduction in hospital staff.  J Altern Complement Med. Oct 2008; 14(8):939-45.

Ho RT, Chan JS, Wang CW, Lau BW, So KF, Yuen LP, Sham JS, Chan CL. A Randomized Controlled Trial of Qigong Exercise on Fatigue Symptoms, Functioning, and Telomerase Activity in Persons with Chronic Fatigue or Chronic Fatigue Syndrome. Ann Behav Med. 2012 Oct;44(2):160-70.

Lee MS, Huh HJ, Jeong SM, Lee HS, Ryu H, Park JH, Chung HT, Woo WH. Effects of Qigong on immune cells. Am J Chin Med. 2003 ; 31(2):327-35.

Suppversity. Chronically Fatigued? Taking a Meditative Time-Out With Qigong Twice Weekly Will Improve Mental + Physical Symptoms by ~50% & Increase Telomere-Length by 75%!. Retrouvé le 20 Juillet 2007 sur < http://suppversity.blogspot.com/search?q=qi+gong+ >