Et si d’avoir écouté “Lose Yourself” d’Eminem plutôt que “Baby” de Justin Biebeurk était LA raison de votre nouveau max. au développé couché ?

Et si d’avoir opté pour de la house plutôt que de la soul était à l’origine de ces 5 séries que vous avez ajouté, à votre propre insu, à la séance d’aujourd’hui ?

Et si d’avoir branché “Radio Chillout” juste après votre séance de ce soir expliquait cette poussée hormonale sans précédent dans votre slip ?

Et si, et si … 

 

 

Elle nous calme ou nous ravive, nous transporte ou nous captive, nous soulage ou nous motive … mais quelque soit la nature de ses effets …

 

 

… la musique est une “pompe à gonfler l’âme” qui joue un rôle non négligeable dans le cadre de la performance sportive !

 

 

Avec la démocratisation des I-Pods, I-Phones et Aïe-Thunes qui ont rendu possible la numérisation et le transport de gigantesques bibliothèques musicales, difficile désormais de se rendre à la salle sans s’être muni au préalable de sa précieuse playlist !

 

Aïe-Thunes

 

Ces innovations sont évidemment d’excellente augure pour les sportifs !

 

 

Car la recherche scientifique démontre que si l’on choisit bien la musique que l’on écoute avant, pendant et après le sport, cela va se traduire en aval par une amélioration de nos performances athlétiques.

 

 

workout

Il est fort probable que vous fassiez d’ores et déjà, intuitivement, le bon choix pour vous.

Ce disant, dans le cadre de cet article, je vais vous montrer comment la musique affecte vos performances sportives et vous proposer quelques clés pour composer la “playlist idéale” en fonction de l’activité sportive que vous pratiquez.

Par conséquent, branchez vos écouteurs synaptiques et mettez votre playlist neuronale en marche car la mélodie scientifique commence !

 

 

La musique peut-elle être considérée comme une substance dopante ?

 

Ne froncez pas du sourcil car la question est moins saugrenue qu’il y paraît.

 

 

Pour preuve, en 2007, l’instance nationale américaine de course de fond — la USA Track & Field — a banni l’usage des écouteurs et lecteurs de musique de ses courses officielles, prétextant “vouloir ainsi assurer la sécurité de ses coureurs et les empêcher d’avoir un avantage compétitif [par rapport à ceux qui n’en portent pas].”

 

 

Surpris, beaucoup de coureurs protestèrent contre cette règle jugée inique, ce qui conduisit à son amendement l’année d’après.

Bien qu’anecdotique, cette histoire en dit long sur le pouvoir de la musique sur la performance sportive. 

 

 

drugs-music

D’après le Dr. Costas Karageorghis, l’une des plus grandes éminences scientifiques mondiales dans le domaine, la musique pourrait d’ailleurs être considérée comme une “drogue légale”.

 

Selon les études qu’il met en avant, elle serait notamment capable de réduire notre perception de l’effort de 10% et d’améliorer nos performances d’endurance de 20% ! (6)

 

 

Comme nous pouvons le voir, la musique joue donc un rôle significatif dans la manière dont nous allons percevoir et vivre notre effort physique.

Et de cette perception subjective découlent en grande partie ses effets sur les performances sportives que nous allons réaliser en aval.

 

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D’après vous, quel est le point commun entre Lebron James, Lionel Messi, Michael Phelps et Usain Bolt ? 

 

Hé bien, en plus d’être les cracks de leurs disciplines sportives respectives, ils ont tous les quatre pour habitude d’écouter de la musique avant “d’entrer en scène”.

 

Selon les uns et les autres, celle-ci aura alors soit pour vocation d’aider à se “divertir” l’esprit du stress de la compèt’, soit d’aider à mieux “rentrer mentalement” dedans. 

 

 

 

 

Comment la musique améliore-t-elle la performance sportive ?

 

La question qui se pose maintenant est de savoir comment la musique exerce “sa magie ergogénique((Se dit des substances ou procédés susceptibles d’augmenter les performances ou la capacité d’entraînement de l’athlète.))” sur les performances de l’athlète.

 

 

De fait, la recherche scientifique met en avant 5 effets positifs majeurs de la musique sur la performance sportive : la dissociation, la stimulation de l’acuité mentale, l’atteinte du “flow”, la synchronisation et l’acquisition de nouvelles aptitudes moteurs.

 

 

Commençons donc par le premier de ces facteurs : la diversion de l’esprit, également nommé “dissociation”.

 

 

1. La musique permet de “divertir” l’esprit de la douleur, de la fatigue et/ou du stress associés à l’épreuve sportive (Dissociation)

Dissociation

 

 

La dissociation en sport se réfère à la capacité de “divertir” l’esprit de la fatigue et de la douleur qui vont surgir parfois avant, mais le plus souvent pendant l’effort.

Il s’agit en quelque sorte d’une “technique de diversion” qui permet au sportif de se “déconnecter mentalement” de l’effort en lui-même, et surtout de sa difficulté afférente.

 

 

Or, il a été démontré que le fait d’écouter de la musique avant et pendant une épreuve sportive facilitait cette “dissociation mentale”, en particulier lorsque l’effort que l’on effectue est de nature aérobie((Type marathon, cyclisme ou natation, course de fond, etc.)).

 

 

Dans pareil cas, écouter sa playlist favorite pourrait atténuer de 12% la perception que l’effort que nous fournissons est difficile, en plus d’améliorer notre endurance globale de 15% ! (7 ; 10)

 

 

Les scientifiques précisent toutefois que cet effet ne prévaut qu’au cours d’efforts à intensité sous-maximales.

 

 

Car au cours d’efforts à intensité maximale ou presque, la perception de la fatigue deviendrait telle qu’elle supprimerait dès lors totalement l’effet “échappatoire” de la musique. 

Autrement dit, lorsque l’activité physique à laquelle nous nous adonnons devient trop intense, notre attention ne se focaliserait plus que sur la seule “réponse” de notre organisme à l’effort — tels que le rythme de notre respiration ou la montée de nos niveaux d’acide lactique((Et la sensation de brûlure qui l’accompagne.)).

 

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Ce faisant, bien que le pouvoir dissociatif de la musique baisse lorsque l’intensité du sport augmente, cela ne signifie pas pour autant qu’elle n’en exerce plus aucun sur nous.

 

 

Il vous suffit de penser à ce titre qui vous donne une pêche du feu de Dieu à chaque fois que vous l’écoutez. 

 

Aux premiers airs fredonnés, vos poils se dressent, vos pupilles se dilatent et votre cœur se met à battre en rythme.

 

Vous vous sentez prêt(e)s les ami(e)s, vous vous sentez frais !

 

 

Inutile d’être scientifique pour savoir que la musique est un méga-booster de motivation. Et c’est de ce second effet, puissant, dont je vais parler de suite.

 

Style associatif & dissociatif

Êtes-vous plutôt un “associatif” ou un “dissociatif” ? 

 

Ce vers quoi votre attention est dirigée au premier chef lorsque vous participez à une épreuve sportive (qu’il s’agisse d’un entraînement comme d’une compétition) peut être globalement divisé en deux catégories :

 

1. Si vous êtes plutôt de nature “associative”, vous avez pour habitude de concentrer votre attention sur les aspects directement reliés à votre performance sportive au moment où vous la réalisez tels que la cadence de vos foulées, le rythme de votre respiration ou encore le placement de vos adversaires sur le terrain.

 

2. Si vous êtes plutôt de nature “dissociative”, vous avez en revanche plus pour habitude de déporter votre attention sur des choses qui n’ont rien à avoir avec l’activité physique à proprement parler. Dans ce cas de figure, lorsque vous faites du sport, vous aurez plutôt tendance à penser aux choses que vous prévoyez de faire le lendemain, ou à la conversation que vous venez d’avoir avec votre petit(e) ami(e) ou encore au curieux aspect des arbres qui jalonnent le parcours sur lequel vous êtes en train de courir, etc, etc. 

 

Avantages et désavantages d'un style d'attention associatif et dissociatif

 

[1] À savoir que les coureurs d’élite utilisent de façon prédominante un style associatif lorsqu’ils courent tandis que les novices ont plutôt tendance à adopter un style dissociatif. Ce faisant, les sportifs d’élite ont également recours au style dissociatif de temps en temps car maintenir une attention constante sur les paramètres de sa performance durant une longue épreuve est extrêmement éprouvant mentalement, et peut s’avérer contre-productif. 

 

[2] Á noter qu’une musique dont l’air ou les paroles évoquent des images n’ayant aucun rapport direct avec l’activité physique produira un effet dissociatif tandis qu’une musique qui en évoque ayant un rapport avec l’activité physique pratiquée produira un effet associatif. 

 

 

 

2. La musique permet de “rentrer mentalement dans la zone” (Stimulation de l’acuité mentale)

 

Vous est-il déjà arrivé(e) d’entrer “dans la zone” ?

Vous savez, cet espèce d’état de conscience altérée au cours duquel vos sens sont aiguisés au possible et votre corps et votre esprit ne semblent faire plus qu’un ?

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Hé bien, cet état envoûtant, de quasi-transe, est ce que l’on appelle dans le jargon sportif  “entrer dans la zone”.

 

 

Certains spécialistes parlent également “d’état de flux” (“flow” en anglais) dans la mesure où cette expression saisit encore mieux l’essence flottante et fluctuante de cet état d’esprit.

 

 

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En effet, lorsque vous “entrez dans la zone”, les choses semblent “couler” presque naturellement, sans quasiment d’efforts conscients de votre part, le geste opportun étant alors effectué de la bonne manière, au bon endroit et au bon moment . 

 

 

 

Or, la musique possède son propre “flow”, lequel va nécessairement influer sur votre capacité à atteindre cet état.

Á ce titre, il a par exemple été démontré que le fait d’écouter de la musique avant une épreuve sportive facilitait les processus de visualisation qui permettent au sportif de “rentrer mentalement dans la zone” (6).

 

Le pouvoir de la musique et de la visualisation

 

 

Le pouvoir de la musique et de la visualisation

 

En 2001, des scientifiques ont voulu déterminer le pouvoir de la musique et de la visualisation (ou de “l’imagerie mentale”) sur l’endurance musculaire de sportifs (7).

 

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Pour ce faire, ils ont demandé à ces sportifs de se tenir debout, en position de croix (bras tendus), avec une haltère dans chaque main et de tenir cette position aussi longtemps que possible((Á noter que l’haltère représentait 15% du poids corporel des hommes et 5% du p.c. des femmes.)).

 

Au final, lorsque les sujets ont écouté de la musique et visualisé l’exercice avant de le faire, ils ont réussi à tenir cette position plus longtemps (durant 73 secondes en moyenne) que lorsqu’ils n’ont fait qu’écouter de la musique (68 secondes en moyenne), ou que visualiser l’exercice (63 secondes en moyenne), ou rien fait du tout (61 secondes en moyenne), avant. 

 

 

 

Championne olympique du 800 et 1500 mètres à Athènes, en 2004, la britannique, Dame Kelly Jones aurait écouté les ballades de soul d'Alicia Keys "Fallin" et "Killin me softly" afin de calmer ses nerfs avant ses deux grosses épreuves.

Championne olympique du 800 et 1500 mètres à Athènes, en 2004, la britannique, Dame Kelly Jones aurait écouté les ballades de soul d’Alicia Keys — “Fallin” et “Killin me softly”—  afin de calmer ses nerfs avant ses deux grosses performances.

 

 

 

 

Du fait de son pouvoir dissociatif, la musique permettrait entre autre d’éloigner “les sources de distraction” mentales susceptibles de déranger la concentration (13).

En outre, le choix du tempo de la musique exercerait, selon qu’il est lent ou rapide, un effet coup de fouet ou calmant sur l’athlète((Les tempi rapides ayant un effet stimulant évidemment plus prononcés que les tempi lents.)), lequel effet agirait positivement sur ses performances.

 

 

 

 

Il a ainsi été démontré que d’écouter de la musique avec un tempo rapide induisait un état émotionnel positif et une stimulation mentale accrue et que cet effet était encore plus marqué lorsque le volume de la musique augmente (4)

 

Á l’inverse, écouter des chansons avec un tempo lent et un volume modéré (voire bas), inhiberait cet état d’excitation mentale, permettant ainsi à l’athlète d’apaiser ses nerfs avant, pendant ou après la compétition. 

 

 

 

3. La musique évoque des souvenirs et des émotions qui transcendent la motivation (Atteinte du flow)

 

Quand une musique nous rappelle un moment phare de notre vie — comme notre premier slow avec la plus belle fille du collège, ou une performance dont nous avons été fier(e) ou un road trip qui nous a particulièrement marqué —, le fait de l’écouter durant une épreuve sportive va sans conteste influer sur la façon dont nous allons l’aborder et la vivre.

 

 

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La musique a en effet cette faculté extraordinaire de booster notre motivation en stimulant, selon la nature des souvenirs qui y sont associées, bonnes ou mauvaises émotions.

 

En retour, ces émotions vont agir comme une force motrice en augmentant le plaisir et/ou l’intensité de l’épreuve physique à laquelle l’on s’adonne.

 

 

Cet effet réminiscent de la musique est d’ailleurs l’une des raisons principales pour laquelle elle permet d’atteindre l’état de “flow” décrit précédemment, état qui correspond en quelque sorte au “zénith” de la motivation intrinsèque.

 

flow

 

 

En 2003, des scientifiques ont ainsi démontré que lorsque des joueurs de netball écoutaient une chanson qui leur évoquait des souvenirs avant un match, leur adresse au tir ainsi que la maîtrise de leurs émotions augmentaient significativement au cours de ce dernier (8).

 

 

D’un point de vue sportif, l’atteinte de cet état est particulièrement intéressante dans le cadre de l’adhérence à un programme au long cours.

 

 

En l’espèce, il a été démontré que le fait d’écouter de la musique à forte charge émotionnelle favorisait l’adhérence à un programme d’entraînement ou de rééducation sur le long terme en rendant ce dernier plus ludique, donc moins contraignant (3).

 

 

 

4.  En synchronisant vos mouvements sur son rythme, la musique vous permet d’économiser de l’énergie (Synchronicité)

 

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Vous en avez certainement déjà fait l’expérience.

Vous savez : celle d’écouter une musique dont le rythme est si entraînant que sans vous en rendre compte, vos gestes ont fini par calqué instinctivement celui de son beat !

Si cela vous est arrivé, sachez que c’est tout à fait normal, l’être humain ayant un tropisme inné à coordonner rythme sonore et mouvements corporels.

 

 

 

La recherche scientifique est d’ailleurs assez unanime sur ce point :  en choisissant le bon tempo de musique pour le bon exercice, vous pouvez significativement améliorer vos performances physiques !

 

 

Comment le tempo affecte-t-il la capacité d'endurance ?

 

Synchroniser vos mouvements sur le rythme de morceaux de musique soigneusement sélectionnés permettrait d’accroître votre capacité totale de travail (autrement dit, votre endurance) d’au moins deux manières :

 

1. Meilleure gestion énergétique : de façon générale, le rythme et la durée de la musique que vous écoutez vous offriraient des “clés temporelles” vous indiquant comment gérer votre effort physique selon que vous vous trouvez plutôt au début ou à la fin de ce dernier. 

 

2. Meilleure efficience du geste : de façon spécifique, le fait de synchroniser vos mouvements sur le rythme de la musique rendrait vos mouvements plus efficients, favorisant ainsi l’élimination de tous ces gestes parasites qui vous font perdre inutilement de l’énergie. 

 

 

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Ainsi, dans le cadre d’une étude conduite en 2006, des coureurs de 400 mètres ayant synchronisé leurs foulées sur un titre de musique bien choisi ont effectué leur tour de piste une demie-seconde plus rapidement que ceux qui n’ont rien écouté (11).

Dans le cadre d’une étude conduite deux ans plus tard, des cyclistes ayant pédalé en rythme sur une musique entraînante ont eu besoin de 7% d’oxygène en moins que ceux qui ont pédalé sans fond sonore (6).

 

 

 

Les bénéfices de la synchronicité du geste et du rythme (de la musique) sont particulièrement marqués dans le cadre d’activités sportives tels que l’aviron, le cyclisme, le ski de fond, la musculation ou encore la course à pieds où les gestes sont répétitifs et réguliers.

 

 

Á ce propos, connaissez-vous l’histoire du célèbre coureur de fond, l’Éthiopien Haile Gebreselassie ?

Non ?

 

Pee-pa-pa-pa-lo-po, pa-pa-pa-lo-po ... !

 He was a Scatman !

 

Hé bien, la voici : Haile Gebrselassie est connu pour avoir établi ses records mondiaux aux 5000 et aux 10 000 mètres en calquant le rythme de sa foulée sur le rythme du tube techno-pop phare des années 90, “Scatman”.

 Hailie Scatman

 

Gebrselassie a choisi cette chanson parce que son rythme et son tempo correspondaient parfaitement à la cadence de sa foulée, une considération très importante pour un coureur de fond dont l’un des principaux challenges est de réussir à établir et à maintenir une cadence stable au cours de l’épreuve sportive.

 

 

 

5. La musique facilite l’apprentissage de nouveaux mouvements (Acquisition d’aptitudes moteur)

 

 

La musique est également un excellent moyen d’apprendre à réaliser ou à maîtriser de nouveaux mouvements.

 

 

De fait, elle facilite l’acquisition de ces nouvelles aptitudes moteur de trois façons :

 

people-dance-music-dj-dark-1596071. Tout d’abord, son beat comme son flow influent sur notre capacité à nous mouvoir, à nous déplacer dans l’espace, le corps servant alors de “matérialisation synesthésique” du son écouté.

2. Ensuite, lorsque ses paroles sont soigneusement choisies, elles peuvent aider à renforcer, voire à parfaire, l’apprentissage des composantes clés d’un geste technique. Par exemple, si vous êtes lanceur de poids et que vous écoutez la chanson “Push It” de Salt-n-Pepa, vous vous rappellerez qu’il faut pousser le poids et non le lancer((Il s’agit là d’une des erreurs techniques les plus couramment commises sur ce mouvement.)).

3. Le troisième enfin, c’est que la musique créé un environnement ludique propice à l’apprentissage de nouvelles aptitudes. 

 

Bonus : le sixième effet pro-perfomances de la musique !

 

6. La musique promeut la relaxation, donc la récupération

 

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Enfin, j’ajouterais à ces “5 effets pro-performance” de la musique un dernier effet a priori assez peu évoqué dans la littérature scientifique : son effet relaxant qui est propice à la récupération physique et mentale de l’athlète.

 

Lebron-AdLes sportifs  de haut niveau ne savent que trop bien qu’un des aspects crucial pour réussir à rester au top durant la saison et les phases finales de la compétition est d’être capable de se “couper mentalement” de l’enchaînement des entraînement, des matchs et de tout le tapage journalistique qui bat en permanence autour.

 

Cependant, sans une “source de diversion” assez puissante (comme le fait de regarder un programme captivant à la télé — qui peut être “torpillé” par des émissions concernant le sportif en question), il peut être parfois très dur de se déconnecter mentalement de son sport, en particulier à l’issue d’une mauvaise prestation.

 

Or, c’est encore là que la musique peut de nouveau exercer sa magie !

 

En offrant au sportif “un moyen de faire le vide”, elle lui offre une échappatoire opportune susceptible de l’aider à rediriger son attention vers des choses positives et d’oublier plus rapidement ses éventuelles contre-performances.

 

 

 

 

Quand écouter de la musique devient contreproductif …

 

Comme nous venons de le voir, la musique exerce une large gamme d’effets bénéfiques sur la performance sportive.

Cependant, ses effets semblent davantage concernés les sportifs amateurs que les sportifs d’élite.

 

 

Au delà d’un certain niveau d’intensité, la recherche scientifique démontre en effet que le pouvoir ergogène de la musique n’est pas aussi marqué. 

 

 

cerebro_musicaPassé le seuil anaérobie correspondant à 70% de votre fréquence cardiaque maximale, des études révèlent ainsi que ses effets sur l’atténuation de la douleur et de la fatigue disparaîtraient presque complètement (7).

De plus, comme évoqué précédemment, les athlètes d’élite — en particulier ceux des épreuves de longue distance — ont tendance à être des “associateurs” en termes de visualisation (9, 12).

Ceci signifie concrètement qu’ils ont davantage tendance à se focaliser sur la régulation des paramètres directement liés à leur performance((Comme le rythme de leur foulée, leur rythme de respiration, la qualité d’exécution du geste, etc.)) au moment où ils pratiquent leur sport qu’à se laisser distraire par des stimuli externes((Tels que le cadre ou les conditions dans lesquelles ils pratiquent cette activité physique.)).

 

 

Or, en raison de sa propension à “faire penser à autre chose”, la musique pourrait représenter une source de distraction potentiellement négative pour leur concentration.

 

 

Plusieurs études corroborent cette affirmation.

Dans le cadre de l’une d’entre elles, des scientifiques ont notamment démontré que si le fait d’écouter une musique avec un tempo rapide et entraînant était bénéfique pour des coureurs amateurs, il était à l’inverse contreproductif pour des coureurs entraînés (1).

 

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Ce faisant, gardez-vous de surestimer les résultats de cette étude.

Si la musique exerçait effectivement un tel pouvoir nocebo sur les performances de l’athlète, en particulier de haut niveau, demandez-vous donc pourquoi les Lebron James, Messi et consort en écouteraient avant leurs matchs  ? Ou encore pourquoi l’on en joueraient dans les salles de sport du monde entier ?

C’est un raisonnement par l’absurde certes, mais pas si absurde que ça !

 

 

 

Comment créer la playlist idéale ? 

 

Si l’on en croit la recherche scientifique, créer la playlist idéale reviendrait à mettre au point une sélection de musiques qui vous sont familières et qui respectent au moins trois des six critères suivants :

 

1. Un rythme fort et énergisant ;

2. Des paroles positives associées au mouvement (Maniac de Flashdance par exemple)

3. Un rythme calqué sur celui des mouvements de l’activité physique que vous pratiquez ;

4. Une mélodie et/ou une harmonie entraînante ;

5. Un thème gravitant autour du sport, de l’exercice, de la victoire ou de l’adversité ;

6. Un style musical et une langue qui correspondent au goût de l’athlète et à ses origines culturelles.

 

Plus généralement, pour créer cette playlist, les 4 facteurs-clés à considérer seraient les suivants :

 

 

(a) Vos préférences personnelles :

 

Il s’agit du critère numéro 1.

 

 

Naturellement, la façon dont vous allez réagir à une musique dépend d’abord de la façon dont vous l’appréciez et des souvenirs qu’elles évoquent pour vous.

 

 

Alors que certains aiment s’entraîner sur du heavy metal, d’autres préfèrent écouter de la pop ou de la dance.

Alors que certains n’éprouvent rien en écoutant le Nessun Dorma de Pavarotti, d’autres sont parcouru(e)s de frissons.

 

Ces préférences étant par définition très subjectives, impossible donc de dire qu’une playlist est meilleure qu’une autre, le principal étant d’abord votre appréciation personnelle des chansons qui la composent.

 

 

(b) L’intensité de l’activité physique

 

On a vu que le tempo et le rythme d’une musique pouvait influencer significativement la façon dont nous allions aborder et performer au cours de l’épreuve sportive.

 

 

Alors qu’un tempo lent conviendra davantage à un sport où une concentration extrême (associative) est requise (comme en golf ou au tir à la carabine par exemple), un tempo rapide conviendra pour sa part davantage à un sport où l’intensité est d’abord recherchée (comme un cyclisme de vitesse ou en HIIT).

 

 

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Idéalement, plus le beat par minute de la chanson que vous écoutez est synchrone avec les battements de votre cœur, meilleures sont les chances que celle-ci exerce sa magie ergogénique sur vous.

 

 

(c) La nature de l’activité physique

 

“Á chaque type d’activité physique, son genre musical” pourrait-on écrire. Ou vice-versa.

En plus de son tempo et de sa mélodie, les paroles d’une chanson jouent un rôle essentiel sur les émotions que cette dernière suscite en nous.

 

 

Or, de ces émotions dépend l’état d’esprit dans lequel nous allons être sur la piste, sur le terrain ou au gym, lequel doit correspondre à ce que l’activité physique que nous pratiquons exige.

 

 

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Par exemple, si vous êtes boxeur(se) ou combattant, vous serez probablement à la recherche d’agressivité avant un combat. Vous opterez donc pour un genre musical — tel que du hard rock, du metal, du rap ou du hip-hop — susceptible de stimuler chez vous cet état d’agressivité.

Si vous êtes patineuse artistique en revanche, vous serez probablement plutôt à la recherche de concentration et de quiétude avant votre tour sur la glace. Dans ce cas de figure, écouter de la musique relaxante((Ou ne rien écouter du tout afin de répéter vos gammes dans votre tête.)) est probablement ce pour quoi vous opterez.

 

 

Autrement dit : la nature de l’activité physique que vous pratiquez est déterminante dans le choix du genre musical que vous devez sélectionner en amont, et vice-versa.

 

 

 

(d) Les exigences techniques de l’activité physique 

 

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Comme nous l’avons également vu, si son tempo est correctement choisi, la musique peut aider à mieux coordonner ses mouvements, à être plus synchrone et fluide lorsque nous effectuons un geste technique.

Son écoute va alors se traduire par une meilleure efficience du geste, et donc une réduction de son coût métabolique.

Á son tour, cette réduction du coût métabolique du geste va se traduire par une économise d’énergie, nous permettant ainsi de poursuivre l’effort physique plus longtemps.

 

L’infographie présentée ci-dessous résume en image ce que je viens de dire.

 

Infographie_savoir choisir sa playlist en fonction de l'activité

 

Si vous voulez maintenant avoir une idée précise de ce à quoi une playlist “idéale” devrait ressembler avant, pendant et après le sport :

 

 

Cliquez ici pour accéder à ma playlist péri-workout !

 

 

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(1) Brownley KA, McMurray RG, Hackney AC. Effects of music on physiological and affective responses to graded treadmill exercise in trained and untrained runners. Int J Psychophysiol. Avr 1995 ; 19(3) : 193-201.

(2) Costas IK, Terry PC & Lane AP. Development and initial validation of an instrument to assess the motivational qualities of music in exercise and sport: The Brunel Music Rating Inventory. J Sports Sc. 1999 ; 17(9) : 713-724.

(3) Johnson G, Otto D, Clair AA. The effect of instrumental and vocal music on adherence to a physical rehabilitation exercise program with persons who are elderly. J Music There. 2001 ; 38(2) : 82-96.

(4) Karageorghis CI, Jones L, Low DC. Relationship between exercise heart rate and music tempo preference. Res Q Exerc Sport. Juin 2006 ; 77(2) : 240-50.

(5) Karageorghis CI, Priest DL. Music in Sport and Exercise : An Update on Research and Application. The Sport J. 7 Juil 2008.

(6) Karageorghis CI, Priest DL. Music in the exercise domain: a review and synthesis (Part I). Int Rev Sport Exerc Psychol. Mar 2012 ; 5(1) : 44–66. Epu 7 Déc 2011.

(7) Lopes-Silva JP, et.al.Influence of music on performance and psychophysiological responses during moderate-intensity exercise preceded by fatigue. Physiol Behav. Fév 2015 ; 139 : 274-80. Epub 20 Nov 2014.

(8) Patesa J, Karageorghis, et.al. Effects of asynchronous music on flow states and shooting performance among netball players. Oct 2003 ; 4(4) : 415-427. 

(9) Porter JM, et.al. Focus of attention and verbal instructions: strategies of elite track and field coaches and athletes. Research Gate. 12 Oct 2015 :199-211. 

(10) Szmedra L, Bacharach DW. Effect of music on perceived exertion, plasma lactate, norepinephrine and cardiovascular hemodynamics during treadmill running. Int J Sports Med. Jan 1998 ; 19(1) : 32-7.

(11) Simpson SD, Karageorghis CI. The effects of synchronous music on 400-m sprint performance. J Sports Sci. Oct 2006 ; 24(10) : 1095-102.

(12) Werner SM. Attentional focus strategies of multi-sport athletes. University of North Texas. Août 2003.

(13) Ziv G, Lidor R. Psychological Preparation of Competitive Judokas – A Review. J Sports Sci Med. Sép 2013 ; 12(3) : 371–380. Epub 1 Spe 2013.