14% de masse grasse en moins en à peine 4 mois !

Avouez que ce chiffre a de quoi faire « fondre » d’envie.

Et pourtant, aussi invraisemblable qu’il puisse paraître, il s’agit bel et bien du pourcentage de masse grasse que des femmes obèses ayant  des antécédents familiaux de cancer du sein ont perdu au cours d’une étude conduite à l’hôpital universitaire de la South Manchester NHS Trust Foundation (Harvey et.al, 2013) !

 

 

115 femmes obèses, 3 groupes, 1 objectif → perdre du gras

 

Dans le cadre de cette intervention, Harvie et.al ont sélectionné un échantillon de 115 femmes obèses, âgées de 20 à 69 ans, dont l’un ou plusieurs des membres de la famille souffrait ou avez déjà souffert d’un cancer du sein.

La taille de la poitrine étant positivement corrélée aux risques de contracter un cancer de ce type (Swanson et.al, 1996),  l’objectif des scientifiques était de vérifier si une restriction calorique pouvait provoquer une réduction du volume mammaire chez ces femmes, diminuant ipso facto leurs risques de contracter la maladie.

Cet objectif en tête, les scientifiques anglais ont donc divisés les femmes de l’échantillon en trois groupes :

 

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1. Le premier groupe a été soumis à une restriction calorique quotidienne de – 25% (- 400 kcal/jour). Le régime alimentaire des sujets de ce groupe était basé sur la répartition en macronutriments suivante : 25% de protides (= protéines) / 45 % de glucides / 25% de lipides (= graisses);

2. Le deuxième groupe a été soumis à un jeûne – et donc, à une restriction calorique importante (de 1400 kcal/jour x 2)–seulement deux jours de la semaine. Durant ces jours de jeun, les participantes devaient suivre un plan alimentaire fixé à l’avance. Elles avaient aussi la possibilité de consommer toutes « la viande maigre, les œufs, le poisson, le tofu, les graisses mono et polyinsaturées »  (des sources protéines et les lipides) qu’elles désirent  ;

3. Le troisième groupe a enfin été soumis à un jeûne – et donc, à une restriction calorique importante (de 1400 kcal/jour x 2) – également deux jours sur sept. Durant ces jours de jeun, les participantes devaient suivre un plan alimentaire fixé à l’avance identique à celui du deuxième groupe mais sans la possibilité de consommer toutes « la viande maigre, les œufs, le poisson, le tofu, les graisses mono et polyinsaturées »  (des sources protéines et les lipides) permises aux participantes du deuxième groupe.

 

Enfin, les scientifiques ont veillé à ce que sur la semaine, le régime des groupes 1 et 3 soient isocaloriques, c’est-à-dire qu’il apporte exactement la même quantité de calories à l’ensemble des participantes de ces groupes.

Ceci fait, ils ont alors pu passer à l’étape subséquente de leur plan d’intervention, à savoir : la collecte des résultats.

 

 

Jeûner deux fois par semaine : la meilleure stratégie pour maigrir ?

 

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Tableau 1 – Comparaison de l’évolution de la composition corporelle des femmes du groupe ayant réalisé un jeûne intermittent deux fois par semaine avec (Groupe 3) et sans (Groupe 2) restriction sur les protéines et les corps gras et de celles ayant suivi une restriction calorique continue durant la semaine (Groupe 1) (Crédit graphique : Suppversity / Adaptation : Bodyssime)

 

Comme vous pouvez le voir, ce sont les participantes du groupe ayant suivi le jeûne deux fois par semaine avec restriction sur les protéines et corps gras qui ont perdu le plus de gras au niveau de la ceinture abdominale (-14% de masse grasse) et des hanches (-6% de MG). Ce sont également celles aussi qui ont vu le plus la taille de leur poitrine diminuer, enregistrant une réduction de 4 % de leur volume mammaire au cours des 4 mois de l’étude.

Les participantes du groupe ayant suivi le jeûne deux fois par semaine mais sans restriction sur « la viande maigre, les œufs, le poisson, etc. » ne s’en sont pas trop mal tirées non plus dans la mesure où  elles ont réussi à perdre 12% de graisse au niveau du bas du ventre, 5% au niveau des hanches et  3% au niveau de la poitrine.

Enfin, les participantes du groupe ayant été soumis à la restriction calorique quotidienne sont celles qui ont perdu le moins de gras au cours des quatre mois de l’intervention, et ce tant au niveau du bas du ventre (-7% de masse grasse) que des hanches (-3% de MG) et de la poitrine (-2% de MG) durant l’étude.

Côté santé, les participantes des deux groupes ayant suivi le jeûne (Groupe 2 et 3) ont également constaté une amélioration de leur sensibilité à l’insuline ainsi qu’une augmentation de leur niveau de leptine. Pour rappel, cette dernière  hormone contrôle la sensation de la satiété et régule également les réserves de graisse dans l’organisme (en sécréter plus signifie donc que l’on a moins faim).

L’amélioration de ces deux marqueurs hormonaux est très intéressante dans la mesure où elle préfigure d’une plus grande faculté des femmes de ces deux groupes à stabiliser leur poids perdu une fois la diète finie.

 

 

Jeun + régime riche en protéines = Perte de gras rapide !

Cette étude met donc derechef en relief l’efficacité des régimes combinant période de jeun et apports protidiques majorés pour perdre du gras rapidement.

Vous noterez l’emploi délibéré ici du termes “majorés” et non de celui de « journées hyper-protéinées ». En effet, dans le cadre de l’intervention d’Harvie et.al, les journées de jeun comprenaient toutes quelques sources de glucides comme un fruit ou des légumes à index glycémique bas tandis que pour le groupe ayant suivi la restriction calorique continue, l’apport en glucides a été maintenu à 45%.

Autrement dit, pour perdre du gras, inutile de bannir totalement les glucides des jours de la semaine où vous choisissez de jeûner. Vous pouvez tout simplement en diminuer la quantité de 40 à 50% par rapport à une journée normale.  

En outre, n’allez pas non plus jeter votre dévolu sur toutes les sources de protéines qui vous tombe sous la main sous prétexte que ce macronutriment ne vous fera pas prendre de gras.

Pour rappel, l’efficacité de l’intervention de Harvie et de ses collègues tient avant tout à la restriction calorique que les scientifiques ont imposé aux sujet de l’étude (-25% des besoins caloriques quotidiens pour le Groupe 1 et -40% pour les deux journées de jeun des Groupes 2 et 3) et non à l’hyper-majoration de leur apport en protéines : autrement dit, sans restriction calorique, pas de perte de gras.

Par conséquent, si votre objectif est réellement d’en perdre en utilisant cette méthode,  fini les omelettes géantes de quinze œufs enfouies sous un quintal de fromage que vous ingurgiterez sans pain juste histoire de vous donner bonne conscience. À moins que ce ne soit là l’objectif de votre régime, celui de vous donner « bonne conscience », auquel cas mangez à foison et reposez en paix  …

 

 

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Références

Harvie M, Wright C, Pegington M, McMullan D, Mitchell E, Martin B, Cutler RG, Evans G, Whiteside S, Maudsley S, Camandola S, Wang R, Carlson OD, Egan JM, Mattson MP, Howell A. The effect of intermittent energy and carbohydrate restriction v. daily energy restriction on weight loss and metabolic disease risk markers in overweight women. Br J Nutr. Avril 2013 16: 1-14.

Swanson CA, Coates RJ, Schoenberg JB, Malone KE, Gammon MD, Stanford JL, Shorr IJ, Potischman NA, Brinton LA. Body size and breast cancer risk among women under age 45 years. Am J Epidemiol. Avril 1996 1;143(7): 698-706.