“Si je vous dis que je suis bon, vous allez dire que je me la raconte. Si je vous dit que je ne suis pas bon, vous saurez que je mens.” (Bruce Lee)

 

 

Wikipédia_Pas une source fiableHumilité. Modestie.

Modestie. Humilité.

Peu de gens font la différence entre ces deux notions et pourtant, elles ne signifient pas tout à fait la même chose.

Avant que je vous dise ce que j’en pense, prenons une définition classique, formelle, celle d’une source qui fera certainement hérisser les poils des deux-trois puristes puritains de cette si belle et épatante putain qu’est la langue française. Et cette source, c’est Wikipédia.

Or, voici ce que Wiki dit au sujet de ces deux notions :

 

 

“L’humilité n’est pas forcément liée à la manière dont un individu se montre aux autres, ainsi la modestie n’est pas une forme d’humilité mais plutôt une « démonstration » d’humilité que peut tout à fait réaliser une personne dépourvue d’humilité.” (Wikipédia)

 

 

Et Wiki d’ajouter en ce sens :

 

 

“L’humilité est à distinguer de la « fausse modestie ».

 

Cette dernière feint l’humilité afin d’attirer parfois encore plus de compliments.

 

L’humilité consiste, sans méconnaître ses qualités, à admettre que l’on n’y est en fin de compte pas forcément soi-même pour grand-chose.” (Wikipédia)

 

 

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Ou pour reprendre la magnifique formule d’une autre grande et illustre référence de la langue de Molière((Les trois pelés et le tondu du jonc suce-évoqués vont certainement finir pendu à leur élastique…)) — j’ai nommé, Philippe Bouvard — :

 

 

“La modestie est l’art de faire dire par les autres tout le bien que l’on pense de soi-même.” (Philipe Bouvard)

 

 

Trait d’esprit aussi mirifique soit-il de côté, il existe, selon moi, des différences fondamentales sur le plan sémantique entre les notions de modestie et d’humilité, lesquelles n’impliquent pas nécessairement les mêmes intentions, et encore moins, les mêmes attitudes.

 

Quelles sont ces différences (selon moi) ?

 

Différence # 1 : l’humilité est un  principe tandis que la modestie est une valeur

 

Différence vérité_nuanceVoici un autre distinguo dont les contours ne sont pas très clairement définis dans l’esprit de la plupart : la différence entre une valeur et un principe.

L’humilité est un principe. Autrement dit, elle est une proposition fondamentale, un postulat moral, qui sert de base à un ensemble de comportements et qui définit un mode d’action comme, entre autre, d’être modeste (la “démonstration” visible de l’humilité).

La modestie pour sa part est une valeur, c’est-à-dire qu’elle correspond à ce que la société des Hommes a posé et défini comme vrai, beau et bien. La modestie est donc plus de l’ordre du devoir — “devoir être modeste”((“Parce que ça fait vrai, c’est beau, c’est bien.”)) — que de l’ordre de l’être.

 

 

Alors que l’humilité est universelle, intemporelle et transcendantale, la modestie est pour sa part contingente de la culture et de l’époque qui la définit.

 

La première demeure immuable, n’appartenant à rien, ni à personne, tandis que la seconde évolue selon son environnement temporel et géographique.

 

 

On pourrait dire en ce sens que l’humilité est de l’ordre de la morale métaphysique tandis que la modestie est de l’ordre de la morale sociétale.

 

 

Différence # 2 : l’humilité se vit tandis que la modestie se montre.

 

L’humilité est à la fois une attitude (un état d’esprit) et un comportement (la manifestation de cet état d’esprit) alors que dans son sens le plus strict, la modestie n’est que la “démonstration”, socialement normée et acceptée, de ce comportement.

Ainsi, la modestie est-elle avant toute dirigée vers “le monde extérieur” tandis que l’humilité est pour sa part, d’abord, orientée vers soi.

Pour reprendre la célèbre allégorie de l’iceberg, la modestie ne représente donc que la partie visible de ce dernier tandis que l’humilité en représente la partie submergée, invisible à l’œil nu mais néanmoins censée en constituer la plus grosse part((Sauf que chez le “faux modeste”, cette partie submergée est quasi-inexistante, son “humilité” feinte ne se circonscrivant souvent qu’à sa seule démonstration.)).

 

Humilité_modestie_iceberg

 

 

La nuance entre ces deux notions est ici, selon moi, du même ressort que celle qui existe entre la foi profonde et la cagoterie.

 

Alors que le vrai croyant vit sa foi – chose précieuse et pudique – en toute intimité, le cagot l’instrumente dans le but de s’en prévaloir.

 

Dieu est alors mis au service du croyant et non le croyant mis au service de Dieu.

 

 

Autrement dit,  l’humble est dans “l’être” tandis que le modeste, quand il est dépourvu d’humilité véritable, n’est que dans “le paraître”.

 

 

Différence # 3 : l’humilité est toujours vraie, jamais feinte, alors que la modestie, pas toujours.

 

Quand elle est fausse, la modestie n’est qu’un artifice de la prétention.

La fausse humilité, pour sa part, n’existe pas car comme je l’ai exposé plus haut, être humble est avant tout une façon d’être, pas seulement de se comporter. On est humble ou on ne l’est pas (auquel cas, l’on est faussement modeste).

 

 

L’humilité est donc par définition vraie, ou elle n’est pas.

 

 

C’est pourquoi, l’humble ne cherche pas “à prouver” qu’il est modeste puisque le faire reviendrait à vouloir prouver qu’il est ce qu’il sait ou ne sait pas qu’il est déjà. Il ne serait plus donc dans l’être mais dans le paraître.

Or, cette “présomption” de vouloir se faire reconnaître pour son humilité l’obligerait dès lors à la taire en tant que qualité afin de ne pas apparaître prétentieux aux yeux des autres, ce qui le rendrait d’emblée faussement modeste.

 Comprendre la récursion pour comprendre la récursion

On est en plein dans le raisonnement récursif qui s’auto-saborde de lui-même d’Alan Watts, si vous vous souvenez. …

 

 

Différence # 4 (corollaire de la #3) : la modestie interdit la reconnaissance publique de ses qualités tandis que l’humilité l’autorise, sans pour autant en faire une raison de “se sentir supérieur”.

 

 

Vu que le vrai humble n’est pas dans la démonstration de son humilité – donc de sa modestie –, il peut tout à fait reconnaître publiquement avoir des qualités qu’il sait qu’il a.

 

 

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Ce qui le distingue alors d’un homme prétentieux, c’est qu’il a en même temps parfaitement conscience que ces dernières ne font ni de lui un surhomme, ni qu’il en est nécessairement le seul à l’origine.

Plus caractéristique encore du personnage : il éprouve bien plus de reconnaissance que de fierté d’avoir la chance de les avoir.

 

 

Á l’inverse, un homme faussement modeste ne peut reconnaître publiquement ses qualités puisque le faire le placerait, selon la définition qui en est faite par la société, en porte-à-faux avec sa réputation d’homme modeste.

 

Même lorsqu’il sait qu’il les a, il se doit donc de continuer à en nier publiquement l’existence pour ne pas entacher sa réputation, ce qui est hypocrite.

 

 

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D’où la célèbre maxime de Gandhi d’ailleurs :

 

 

“Cultiver l’humilité revient à cultiver l’hypocrisie car l’humble n’a pas conscience de sa propre humilité.” (Gandhi)

 

 

L’humilité ne se “cultive” pas en effet puisqu’elle est tandis que la fausse modestie, si, puisqu’elle n’est pas.

 

 

Différence # 5 : sa place, le modeste cherche avant tout à la trouver au sein de la société les Hommes tandis que l’humble la conscientise au sein de l’échelle du temps et de l’espace. Il sait qu’il n’est qu’un grain de sable de passage furtif sur cette planète.

 

L’homme modeste stricto sensu ne se comporte de la sorte que par devoir parce qu’il sait que de cette manière, il finira par être accepté, et même encensé, par la société des Hommes. Être modeste, seulement modeste, n’est donc, pour lui, qu’un subterfuge destiné à l’aider à gravir, un à un, les échelons de la reconnaissance sociale.

 

 

On peut donc dire que l’homme faussement modeste agit autant par orgueil que par vanité, ce qui peut sembler paradoxal.

 

 

mourir-à-soi-même12Comme je le crois en revanche, l’homme humble vit son humilité avec lui-même, pour lui-même. Il ne cherche pas à être reconnu ou encensé pour cela par la société des Hommes. S’il l’est, soit ; s’il ne l’est pas, soit aussi.

Car au fond, l’homme humble ne cherche pas à définir sa place par rapport à celle des autres hommes de sa culture ou de son époque :  il sait parfaitement d’avance que peu importe la grandeur (ou pas) de sa destinée sur Terre, il ne sera au final qu’un grain de sable de plus voué à disparaître dans le trilliard d’autres qui l’ont précédé et qui lui succèderont dans le Sablier du Temps.

 

 

L’homme humble a donc parfaitement conscience de la place ridiculement infinitésimale que sa vie représente à l’échelle du temps et de l’univers. Une nanoscopique micro-parenthèse qui sitôt ouverte, est déjà refermée.

 

 

 

Mais quelles que soient ces différences, le seul moyen de les discriminer consiste, selon Bruce Lee, à se poser une question métaphysique essentielle :

 

 

“Suis-je honnête avec moi-même et m’exprime-je véritablement en toute honnêteté ?”

 

 

Car tout part de là.

 

Traduction en français disponible dans la vidéo :

 

Pour ce faire, cliquez pour commencer sur le symbole en forme de rotor((Á noter que vous pouvez modifier la taille, la police et le fond des sous-titres en sélectionnant “Options” après avoir cliqué sur le rotor.)) et sélectionnez “Français” dans la cellule “Subtitles/CC”. Ensuite, activez les sous-titres en cliquant sur le symbole en forme de boite de dialogue.

 

 

« Toute forme de connaissance devient finalement connaissance de soi. » 

 

“All type knowledge, ultimately, means self-knowledge.”

 

 

« S’exprimer en toute honnêteté » en ajoutant du sens et en supprimant le superficiel  

 

“Listen, you see : really ! To me, ok, to me : ultimately, martial arts means “honestly expressing yourself.””

 

“Often times, people come at me and say : “Hey Bruce, are you really that good’?!”

I say : “well, if I tell you I am good, probably, you will say I’m boasting. But if I tell you I am no good, you know I’m lying !”

Well … going back to being truthful, you know ?”

 

“[…] It is easy for me to put on a show and be cocky and be flooded with a cocky feeling and then like seem pretty cool and all that.

Or I can make all kinds of forms behind the blind. …

Or I can show you some fancy movements. …

But to express oneself honestly, not lying to myself, and to express myself honestly, that my friend is very hard to do .. and you have to train to keep your reflexes so that when you want it, it’s there !”

 

 

“Soyez comme l’eau, mes amis !”

 

“I said : “Empty your mind !

Be formless, shapeless. Like water.

You put water into a cup, it becomes the cup ; you put water into a bottle, it becomes the bottle ; you put it into a teapot, it becomes the teapot.

Now, water can flow or it can crash.

Be water, my friend.”

 

 

“Sous le ciel du paradis, il n’y a qu’une seule et grande famille : la famille humaine.” 

 

“You still think of yourself as a Chinese or do you think of yourself as a North American ?” (Commentator)

 

You know what I want to think of myself ?

As a human being !

Because … I don’t want to sound like you know “as Confucius says” but : “under the sky, under the heaven man, there is but one family”.

It just so happens man, that …people are different.” (Bruce Lee)

 

 

Vidéo inspirante – L'Expression Authentique de Soi ! (Bruce Lee | vostfr)

 

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INFORMATIONS SUR LA VIDÉO 

Auteur

Leonardo De Angelis – Leonardo De Angelis

Orateur

Bruce Lee

Musique

Sirius beat – Rebellion

Extraits vidéos

The Big Boss, La Fureur de Vaincre, La Fureur du Dragon, Opération Dragon, Le Jeu de la Mort