La supplémentation en vitamines est-elle uniquement affaire de croyance ?

À en juger par les réactions de celles et ceux qui “croient” ou “ne croient pas” aux multivitamines, il semblerait que oui.

Et à vrai dire, difficile de leur en vouloir tant la confusion semble régner au sein de la communauté scientifique sur la pertinence de se supplémenter ou non en vitamines.

D’un côté, les partisans de la supplémentation avancent que l’alimentation actuelle serait trop pauvre et déséquilibrée pour pourvoir à l’organisme l’ensemble des micronutriments nécessaires à son bon fonctionnement. Selon eux, cet appauvrissement déboucherait sur un état de déséquilibre micro-nutritionnel – un état de carence – susceptible d’entraver la performance sportive et de précipiter l’apparition de nombreuses maladies.

De l’autre côté, les opposants au principe même de la supplémentation voient dans le recours aux multivitamines sinon un moyen supplémentaire pour le cartel de la nutraceutique de “se faire du fric”, un acte inutilement dispendieux, voire pire encore, aux conséquences potentiellement délétères sur la santé et les performances sportives.

Pris dans l’entre-deux de ces divergences théoriques, il n’est donc pas anormal que le consommateur que vous êtes se sente un peu perdu et s’en remette à sa foi ou à ses convictions intimes pour trancher cette question sans réponse claire et unanime.

C’est donc pour vous aider à y voir plus clair que nous vous proposons d’examiner ici les principaux arguments “pour” et les principaux arguments “contre” la supplémentation chronique en vitamines et de définir si oui ou non, celle-ci est un must, une simple option ou un pur argument marketing.

 

 

1. Multivitamines et maladies

 

Argument Pour : “En corrigeant les carences micronutritionnelles, les mutivitamines permettent de prévenir de nombreuses maladies, voire d’en soigner certaines.”

 

Premier argument avancé par les partisans du recours aux multivitamines, le fait que ces dernières permettraient de prévenir les carences micronutrionnelles responsables du développement de nombreuses maladies, parmi lesquelles celles dites “dégénératives.

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Image 1 – Couplé aux processus de raffinage industriel, l’appauvrissement progressif des sols de la planète aurait concourru un appauvrissement consubstantiel de la nourriture, selon les experts.

Selon les défenseurs de cette théorie, tout part du postulat selon lequel l’alimentation actuelle ne suffirait plus à couvrir les apports journaliers recommandés en vitamines, en minéraux et en oligoéléments. Ceci, expliquent-ils, tient d’une part à l’appauvrissement des sols et aux processus de raffinement industriel qui détruisent les éléments nutritifs de la nourriture et d’autre part, aux mauvaises habitudes développées et entretenues par le consommateur.

De fait, ces scientifiques n’ont pas tout à fait tort. Au cours des vingts dernières années, de nombreuses méta-analyses ont en effet révélé qu’avoir accès à une nourriture abondante ne prémunissait pas nécessairement des risques de souffrir de malnutrition.

De nombreuses études d’observation, telles que celles d’Holick, ont par exemple révélé que la majorité des populations des pays froids souffraient de carence significative en vitamine D l’hiver (15, 22). D’autres, au moins aussi nombreuses, ont également fait état des déficit chroniques en magnésium rencontrés au sein des sociétés modernes où le stress de la vie se conjugue souvent à une alimentation déséquilibrée et/ou à trop faible valeur nutritionnelle (17, 20).

D’après les partisans de la supplémentation, l’apport exogène en vitamines et en minéraux de synthèse permettrait donc “de compenser” ce que l’alimentation “classique” est incapable de faire à elle seule.

Selon eux, la supplémentation aurait un rôle préventif, corrigeant à la source les déséquilibres physiologiques susceptibles d’entraver la performance ou d’accélérer le développement de certaines maladies.

 

ALERTE CHARLATANISME : les vitamines de synthèse ne peuvent, à elles seules, vous soigner d’une maladie grave !

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À noter que chez les plus extrémistes de ce bord du spectre “idéologico-scientifique” – qui le sont souvent autant par intérêts financiers que par ignorance, volontaire ou pas, des faits scientifiques –, il n’est pas rare d’entendre que la supplémentation en certaines vitamines ou certains minéraux pourrait, à elle seule, soigner des maladies graves comme le cancer ou le diabète.

Bien entendu, ces recommandations sont tout bonnement charlatanesques. Nous verrons pourquoi plus bas.  

 

Argument Contre : “De par les excès micronutritionnels qu’ils engendrent, les multivitamines semblent précipiter l’apparition de certaines maladies, voire de la mort dans certains cas.”

 

Pour ses opposants, la supplémentation préventive en vitamines, en particulier lorsqu’elle est chronique, ne seraient pas qu’inutile : elle serait carrément dangereuse pour la santé.

Pour asseoir leurs arguments, ces derniers s’appuient sur une série d’études aux résultats retentissants publiées au milieu des années 1990 et 2000.

Image 2 – Vitamine A de synthèse et cancers ne feraient pas bon ménage ! Ceci n'est pas surprenant en regard du rôle que cette vitamine joue dans le cadre de la division cellulaire (hyperplasie)
Image 2 – Cancer du poumon et vitamine A de synthèse ne feraient pas bon ménage ! Ceci n’est pas surprenant en regard du rôle que cette dernière joue dans le cadre de la division cellulaire (hyperplasie)

En 1994, une étude conduite sur 29 000 fumeurs a par exemple révélé que la supplémentation en bêta-carotène (une des formes de la vitamine A) augmentait le risque de mourir d’un cancer du poumon ou d’une maladie cardiovasculaire (1). Une seconde étude publiée deux années plus tard dans la même revue scientifique a confirmé ces résultats en révélant que des fumeurs atteints d’un cancer du poumon avaient 46% de plus de chances d’en mourir s’ils se supplémentaient simultanément en vitamine A (24).

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En 2005, une autre revue publiée dans The Annals of Internal Medecine a pour sa part examiné les résultats de 19 expériences menés sur un panel de près de 136 000 personnes supplémentées en vitamine E. Bilan des courses : risque de mortalité accrue lorsque les sujets se supplémentaient en cette vitamine (en particulier d’attaques cardiaques que sa supplémentation était pourtant censée prévenir) ! (21

Ces résultats ont été de nouveau confirmés en 2012, lorsqu’une revue de 14 expériences portant sur la prise d’un complexe à base de vitamines A, C, E, de bêta-carotène et de sélénium a associé ce dernier à une majoration du risque global de mortalité de +12% (3).

 

Bien que ces grandes études d’intervention souffrent pour la plupart de nombreux écueils méthodologiques (voir section “Pourquoi les résultats sont-ils si contrastés ?” plus bas), les opposants farouches au recours à la supplémentation n’hésitent pas à s’en servir pour étayer leur argument phare, à savoir :  “les multivitamines ne retardent pas la mort ; pire, dans certains cas, ils semblent la précipiter.”

 

 

2. Multivitamines et qualité de vie

 

Argument Pour :  “les multivitamines permettent améliorer la qualité de vie.”

 

Bien entendu, inutile de vous dire que l’argument selon lequel les multivitamines précipiteraient la mort de ceux qui en consomment fait bondir les partisans de la supplémentation préventive.

D’un, parce que ces derniers considèrent tout bonnement que c’est faux.

Outre celles qui démontrent l’exact contraire, les grandes études d’intervention suscitées souffrent en effet de nombreuses limites méthodologiques qui en invalident en grande partie les conclusions … ou appellent à tout le moins à une réinterprétation nuancée de leurs résultats (voir section “Pourquoi les résultats sont-ils si contrastés ?” plus bas).

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C’est par exemple le cas de l’étude ATBC (celle sur la vitamine E) qui, lorsqu’on l’analyse dans le détail, révèle qu’une partie des participants aurait véritablement bénéficié de l’apport exogène en vitamine E : les hommes de 71 ans,  qui fumaient moins d’un paquet par jour, ont en effet vu leur taux de mortalité diminué de 24% grâce à la supplémentation en cette vitamine.

Pour souligner le caractère bénéfique de la supplémentation sur la santé, ses défenseurs évoquent par ailleurs les résultats modestes mais positifs d’autres interventions.

C’est notamment le cas de l’étude HPS2 qui a entre autre montré que la prise d’un complexe multivitaminé permettait une « baisse modeste mais significative du risque total de cancer », de l’ordre de 8 % (13).

Ou encore celui de la synthèse de 29 études d’intervention portant sur la supplémentation en vitamine C (18). Dans le cadre de ladite, la consommation journalière de 500 mg d’acide ascorbique s’est traduite par une réduction significative de la pression artérielle, systolique et diastolique des sujets supplémentés.

Pour rappel, l’hypertension artérielle demeure l’une des causes majeures des attaques cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux qui font, chaque année, des millions de morts dans le monde.

 

Mais le plus important pour les partisans de la supplémentation – la plus grosse “faute” de ces études – c’est qu’en aucun cas elles ne cherchent à examiner la qualité de vie des sujets supplémentés !

En ne se focalisant que sur la mortalité, elles éludent en effet totalement ce paramètre de première importance ! Car si les multivitamines ne permettent pas de guérir ou de soigner les maladies chroniques, il faut reconnaître qu’elles ont au moins l’avantage, selon eux, de rendre le quotidien moins pénible et douloureux.

L’argument qu’ils formulent à cet effet est assez frappant de vérité :  “en supposant que les multivitamines tuent (ce qui n’est pas le cas), à quoi bon vivre longtemps si c’est pour être tout le temps malade, fatigué et déprimé, états que la supplémentation en vitamines peut assez efficacement combattre ?”

 

Argument Contre : “l’effet des mulvitamines sur la qualité de vie est purement placebo.”

 

Pour répondre à cette question, les détracteurs de la supplémentation objectent que si d’effets des multivitamines sur la santé ou la performance il y a, alors ceux-ci sont purement et strictement placebo.

Pour étayer cet argument, ils prennent appui sur une litanie d’études ayant comparé les effets de la prise d’un multivitamine à celle d’un placebo.

placebo.Outre le fait que dans la majorité des cas, les effets comparés entre les deux sont quasi-inexistants, voire parfois négatifs, ils précisent que les résultats positifs glanés à ce jour ne seraient, pour l’essentiel, que le produit de l’effet placebo. Autrement dit, le fait que les sujets supplémentés croient que le complexe multivitaminé X va leur faire du bien expliquerait en grande partie pourquoi celui-ci leur fait du bien en bout de ligne.

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À cette enseigne, les résultats de l’étude d’intervention suivante sont assez éloquents.

Dans le cadre de cette dernière (souvent désignée dans le milieu par l’acronyme SU.VI.MAX), Briançon et ses collègues ont administrés à un panel mixte de 8112 hommes et femmes soit une capsule contenant 120 mg de vitamine C, 30 mg de vitamine E, 6mg de bêta-carotène, 100 µg de sélénium et 20mg de zinc, soit un placebo, et ce, durant 76 mois (5).

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il en est ressorti que les effets bénéfiques de ce supplément ne se sont pas fait le plus sentir chez les participants qui l’ont vraiment reçu mais chez ceux qui ont cru le recevoir. En d’autres termes, peu importe que les sujets aient consommé des vitamines ou de la poudre de perlimpinpin, le fait qu’ils aient crus (ou pas) en recevoir expliquent pourquoi en aval, certains se sont sentis mieux (= sujets qui ont cru en recevoir) alors que d’autres pas (= sujets qui ont cru ne pas en recevoir).

 

 

 

3. Multivitamines et performances sportives

 

Argument Pour : “En favorisant la récupération, les multivitamines permettent d’améliorer la performance sportive.”

 

tired-triathleteL’une des principales ritournelles argumentatives des “multivitaminophiles” est la suivante : “vu que l’alimentation est incapable de pourvoir à elle seule les micronutriments nécessaires au bon fonctionnement de votre organisme et qu’en tant que sportif, vos besoins en micronutriments sont (largement) supérieurs à la moyenne, le recours à un apport externe [sous la forme d’un multivitaminé] est impératif afin d’éviter les états de carences ou de subcarence que son absence engendrerait et qui, sans nul doute, affecteraient votre récupération et vos performances sportives.

Bien qu’elle soit souvent motivée par des intérêts financiers, cette recommandation est néanmoins corroborée par un constat scientifique difficilement réfutable : les sportifs sont, en moyenne, une population à plus grand risque de carence(s) micronutritionnelle(s).

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En 2003, Finaud a par exemple démontré que chez des rugbymen français de haut niveau, des apports inférieurs aux recommandations étaient notés pour le magnésium, le calcium, le zinc et la vitamine C (10). Chez des coureurs d’endurance extrême, Machefer a relevé pour sa part que 95% d’entre eux souffraient d’un apport déficitaire en vitamine E, auquel s’ajoutait un apport sous-optimal en vitamine C et en bêta-carotène (-32%, 12).  Chez des escrimeurs de haut niveau, Dam a constaté que près de 7 fois sur 10, ceux-ci souffraient de déficience en vitamines du groupe B (8).

Et ces carences micronutritionnelles ne sont pas seulement la résultante d’une insuffisance d’apports : elles sont aussi la conséquence d’un excès de perte.

Chez des basketteurs de haut niveau, Klegsges a notamment remarqué que chaque séance d’entraînement engendrait une élimination urinaire de 422 mg de calcium (19). En 1993, Wenk a pour sa part mesuré que chaque litre de sueur engendrée par une course de 10 kilomètres charriait avec lui près de 20 mg de calcium, 5 mg de magnésium, 200 mg de potassium et 800 mg de sodium (28).

Couplée à l’insuffisance d’apports relevée plus haut, cet excès de pertes sudorales et urinaires explique certainement en grande partie pourquoi le statut en micronutriments des sportifs est généralement mauvais, une situation susceptible de compromettre leurs performances en aval.

 

Pour ses adeptes, la supplémentation exercerait donc, de part son rôle préventif, une action ergogénique favorable à la performance sportive.

 

Argument Contre : “Non seulement les multivitamines n’améliorent pas la performance mais en émoussant la réponse adaptative de l’organisme à la charge d’entraînement, ils l’entravent.”

 

Évidemment,  pour les esprits récalcitrants au recours à la supplémentation, difficile de boire de cette soupe. Et pour cause : la plupart des études démontreraient que la supplémentation en vitamines exerce un effet nul, voire délétère, sur la performance sportive !

Pour les études aux résultats nuls, ceci peut s’expliquer de bien des manières : durée d’intervention insuffisante, formulation en vitamines inadéquate, échantillon mal choisi, biais méthodologique, etc (voir Section “Pourquoi les résultats des études sont-ils si contrastés ?”).

Mais pour les “multivitaminophobes”, c’est avant tout un phénomène physiologique naturel trop souvent occulté qui en est responsable : la difficulté d’accroître les niveaux plasmatiques en vitamines et en minéraux de l’organisme !

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Dans le cadre d’une expérience conduite en 1992, Telford a par exemple démontré que les taux de vitamines B2, C, E, et A de sujets sportifs ne réussissaient pas à bouger, et ce, malgré huit mois de supplémentation (26). 

Dans le cadre d’une autre étude conduite sur des sujets sportifs supplémentés en zinc, en magnésium et en vitamine B6 durant huit semaines, Wilborn a pour sa part constaté que ce supplément n’avait ni accru leur niveau plasmatique en ces micronutriments, ni amélioré leurs performances sportives (29).

 

Et le pire n’est pas là !

Certains scientifiques vont en effet jusqu’à spéculer que l’excès de vitamines serait susceptible de compromettre la performance sportive au même titre que sa carence. Pour ce faire, ils se basent sur une série d’études qui, au cours des dernières années, ont initié un véritable changement de paradigme au sein de la communauté scientifique.

 

La théorie de l’hormèse : et si les méchants radicaux libres n’étaient pas aussi méchants qu’ils en ont l’air ?

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Selon une nouvelle théorie, dite de “l’hormèse”, un excès d’apport en vitamines de synthèse (en particulier celles de nature antioxydante) inhiberait la progression des performances en entravant la réponse adaptative du cœur de la cellule – la mitochondrie – aux stimuli de l’entraînement (pour en savoir plus, cliquez ici).

Plus spécifiquement, consommer plus de vitamines que nécessaire empêcherait vos cellules de développer leurs propres mécanismes de défense et d’autoréparation contre les attaques des marqueurs de l’oxydation (radicaux libres) et de l’inflammation systémique (cytokines, TNF-α, protéine C-réactive, etc.) consécutives à l’entraînement ; or, le développement de ces mécanismes constituerait l’une des conditions sine qua non pour que vous progressiez d’une séance à une autre (pour que vous “surcompensiez.“)

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À cet effet, une étude datant de 2012 a démontré que chez des sujets jeunes non-entraînés (19) et pré-entraînés (20), la prise quotidienne d’une combinaison de vitamine C (1000 mg) et de vitamine E (400 UI) entravait non seulement les effets bénéfiques de l’entraînement sur la sensibilité à l’insuline mais également ses effets sur le renforcement des défenses immunitaires (23).

Une étude testant les effets d’une combinaison très similaire (1000 mg de vitamine C / 235 UI de vitamine E), mais sur des personnes âgées, a pour sa part révélé que cette dernière ralentissait la prise de masse musculaire chez le groupe supplémenté (+1,2% de muscle) par rapport au groupe non-supplémenté (+3,9% de muscle, 4).

bigstock-Mitochondria-6997641Enfin, dans le cadre d’une étude publiée en 2013, le pourvoi de 20 mg d’un antioxydant potent (la N-acetylcysteine) à un groupe de 10 hommes après des séries de contractions excentriques s’est traduite par une réduction de la capacité d’auto-réparation de leurs cellules musculaires (25). En interférant avec le potentiel d’oxydoréduction intracellulaire, le pourvoi de cet antioxydant semblerait en effet avoir progressivement inhibé la capacité de leurs cellules à se débarrasser d’elles-même des déchets provoqués (cytokines pro-inflammatoires, marqueurs du stress oxydatif, créatine kinase, protéine C-réactive, etc.) par les lésions musculaires induites par l’entraînement.

 

 

4. Multivitamines et commodité

 

Argument Pour :  “les multivitamines sont un moyen simple et bon marché de rééquilibrer une alimentation qui ne l’est pas.”

 

Pour certains adeptes des multivitamines, leur recours se justifierait pour la simple et bonne raison qu’ils sont un moyen pratique et bon marché de rééquilibrer une alimentation qui ne l’est pas.

Comme nous l’avons vu plus haut, le raffinement industriel et l’appauvrissement des sols ont tous deux concourus à l’appauvrissement général de la nourriture (16). Couplés aux mauvaises habitudes alimentaires observées dans les pays occidentaux, ces deux facteurs ont contribué à entretenir un état de malnutrition inquiétant au sein de ces sociétés et qui expliquerait la prévalence des maladies dégénératives qui les frappent (69).

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Image 3 – Carences micronutritionnelles principales au sein de la population française qui ne se supplémente pas en vitamines (Source image : 01Santé.com)

 

Une étude publiée très récemment réexaminant les résultats d’une série de sondages conduits aux États-Unis entre 2001 et 2008 (NHANES) a par exemple révélé que la population américaine “avait un apport insuffisant en vitamine A, vitamine C, vitamine D, vitamine E, en calcium et en magnésium, des micronutriments pourtant essentiels pour la santé et la performance (2).

L’étude SU.VI.MAX évoquée plus haut a quant à elle mise en relief les carences ou subcarences criardes de la population française en vitamines B6, C, D, magnésium, fer, zinc, sans compter la légion de celles ayant corroborés ces résultats par la suite (1114).

 

Pour les partisans de la supplémentation, c’est donc aussi par pragmatisme que le recours aux multivitamines se justifierait. En complétant une alimentation qui s’avère souvent incapable de le faire, ces dernières permettraient en effet de garantir que vos apports journaliers recommandés sont bel et bien couverts, vous prémunissant ainsi des risques de souffrir de carences et du cortège de conséquences négatives qui leur sont associées.

L’étude NHANES leur donne en partie raison dans la mesure où elle relève que “les américains ayant recours à un multivitamine ont une moindre incidence de souffrir d’un apport micronutritionnel inadéquat que ceux n’y ayant pas recours”.

 

Argument Contre : “Les multivitamines poussent souvent ceux qui en consomment à ne plus faire attention à l’essentiel, à savoir avoir une bonne hygiène alimentaire et pratiquer une activité physique.”

 

Pour répondre à leurs détracteurs, les opposants à la supplémentation indiquent qu’avoir un apport micronutritionnel adéquat et un statut physiologique satisfaisant ne signifient pas tout à fait la même chose. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’un multivitamine vous permet de couvrir – voire de dépasser – vos apports journaliers recommandés en micronutriments que vous ne souffrirez nécessairement d’aucune carence en aval.

Plusieurs études l’attestent : la plupart des multivitamines s’avèrent incapables de faire monter les concentrations plasmatiques en vitamines et en minéraux de l’organisme.

Ceci peut s’expliquer d’au moins deux façons [1] :

1. Tout d’abord, les complexes multivitaminés, en particulier lorsqu’ils sont bon marchés, sont mal formulés, c’est-à-dire qu’ils contiennent soit trop, soit pas assez, soit sous leur mauvaise forme, soit dans un mauvais ratio, les micronutriments nécessaires au bon fonctionnement de votre organisme.

2. Ensuite, le recours à la supplémentation exerce un effet psychologique pervers : en vous conférant l’illusion que vous êtes désormais “invulnérable”, il vous exonère l’effort de faire attention à ce qu’il y a de plus essentiel, à savoir développer de bonnes habitudes alimentaires.

 

Quand le multivitamine devient un (mauvais) alibi de conscience…

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Bien évidemment, ce raisonnement est fallacieux, et dangereux même. Chiou et ses collègues le mettent en évidence dans le cadre d’une étude publiée en 2011.

Au cours de celle-ci, les sujets qui ont cru prendre un complexe multivitaminé “ont exprimé une propension au laisser-aller et à l’auto-complaisance supérieure dans leur comportement relatif à leur santé” (7).

En l’espèce, croyant que les multivitamines qu’ils consommaient “compenseraient” leurs mauvaises habitudes alimentaires, ces sujets ont exprimé un moindre désir de s’engager à faire de l’exercice et une plus forte inclination à se laisser aller à table. À l’inverse, le groupe non supplémenté a, quant à lui, continué à faire attention à ce qu’il mangeait et à s’entraîner.

 

Pourquoi les résultats des études sont-ils si contrastés ?

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Comme vous l’aurez constaté, les résultats des études que nous vous avons présenté dans ce papier sont très contrastés. Plusieurs raisons à cela :

1.  La première est que tous les suppléments multivitaminés utilisés dans ces dernières ne sont pas de la même qualité. Le plus clair du temps, les études qui ont débouché sur des résultats nuls, voire négatifs, l’ont fait parce que le multivitamine dont elles examinaient les effets étaient mal formulé, c’est-à-dire contenant soit trop de (certaines) vitamines, soit pas assez, soit sous leur mauvaise forme, soit dans le mauvais ratio. Par exemple, si de nombreuses études ont mis en exergue les effets délétères de la vitamine E sur la santé (notamment cardiovasculaire), c’est parce que le plus clair du temps, ce n’est qu’une seule forme de cette vitamine qui a été administrée au sujet : l’α-tocophérol. Or, la vitamine E comprend au moins huit molécules organiques – quatre tocophérols et quatre tocotriénols – qui jouent toutes un rôle aussi important pour la santé. Leur pourvoi complémentaire aurait donc pu considérablement modifié la donne. Et il en va de même pour la vitamine C, D, le magnésium, etc.

2. La seconde raison est que la plupart de ces études souffrent d’écueils méthodologiques divers : durée d’intervention trop courte, échantillons mal choisis ou trop peu représentatifs de la population ciblée, mauvaise isolation des variables indépendantes et/ou de l’interaction qui existe entre elles (mode de vie de l’individu, habitudes alimentaires, effets psychologiques de la prise des vitamines, etc.), “sur-interprétation” des données, biais méthodologiques, etc. Toutes ces lacunes méthodologiques obligent donc à une appréciation nuancée, distancée ou parfois plus approfondie, de leurs résultats.

3. La troisième raison est liée à des facteurs propres à l’individu. En effet, selon son âge, son patrimoine génétique, son origine ethnique, ses antécédents médicaux et son mode de vie, les besoins de l’individu en vitamines, en minéraux et en oligoéléments peuvent varier considérablement. Pour ne citer que le cas de la vitamine D, plusieurs études ont ainsi démontré que les individus de peau foncée étaient plus (+) susceptibles d’en être carencés que ceux de peau claire (11b). De plus, les besoins de l’individu peuvent fluctuer au cours de sa propre existence. Même si les scientifiques veulent faire preuve d’une rigueur méthodologique extrême, il n’en demeure donc pas moins difficile pour eux de réussir à identifier quel(s) micronutriment(s) administrer à leur échantillon, à quelle(s) dose(s) et sous quelle(s) forme(s) pour que ceux-ci puissent produire un effet physiologique mesurable sur leur santé et/ou leurs performances. 

 

Le fin mot de l’histoire : alors des vitamines ou pas de vitamines ?  

La réponse à cette question pourrait être inversement proportionnelle à la prolixité de l’exposé que nous venons de faire et se résumer à un simple “ça dépend !”. Ça dépend de votre âge, de votre sexe, de votre pratimoine génétique, de vos niveaux d’activités physique, etc…

Cependant, par sollicitude envers celles et ceux d’entre vous qui auront lu cet article de 4500 signes dans son intégralité, nous ne pouvons nous contenter d’une simple réponse normande.  

Comme vous pouvez le voir, la question du recours chronique à un complexe multivitaminé fait encore débat au sein de la communauté scientifique et les arguments avancés de part et d’autres semblent à peu près tous se valoir.

Néanmoins, s’il était trois enseignements majeurs à tirer de cette partie de ping-pong chiantifico-rhétorique, ce serait, selon nous, les suivants :

1.  Il est et demeure toujours préférable de “manger ses vitamines” (sous la forme d’aliments) que de les prendre (sous la forme de pilules/comprimés). Le meilleur supplément vitaminé au monde ne compensera en effet jamais de mauvaises habitudes alimentaires, et ce, pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas de meilleures sources de vitamines au monde que les aliments créés par Mère Nature. 

2. Dans certaines circonstances (pratique d’une activité physique, contraction d’une maladie, suivi d’un régime, stress chronique, “défaut” génétique, etc.), le recours à la supplémentation vitaminée peut s’avérer utile, voire nécessaire. Cela dit, il importe derechef de savoir quelle(s) vitamine(s), minéraux et/ou oligoélément(s) prendre, sous quelle forme, dans quelle quantité et pendant combien de temps pour ne pas tomber dans les travers de la supplémentation sauvage.  

3. “Plus ne veut pas dire mieux” . Nous le savons. Cette sempiternelle rengaine commence sérieusement à vous chauffer les oreilles mais nous ne le répéterons jamais assez : prendre plus de vitamines, de minéraux ou d’oligoéléments que nécessaires ne vous rendra pas plus performant ou plus en forme qu’en prendre juste assez. Ce message s’adresse en particulier aux sportifs qui ont tendance à croire que les 2000% de vitamine B12* de leur “méga-complexe vitaminé supra-révolutionnaire” sont la raison pour laquelle ils viennent de “pulvériser” leur record de 5% au développé couché. Non, messieurs (dames), la seule chose de “méga-giga-supra-révolutionnaire” que vous venez d’expérimenter ici porte un nom, “l’effet placebo”, lequel est précisément en train d’opérer sa magie dans votre esprit en ce moment-même en vous faisant croire que la décision d’arrêter de vous supplémenter aveuglément en vitamines dès ce soir est la résultante de la lecture de cet article (substance inactive) et non celle des enseignements que vous avez choisi d’en tirer (effet placebo). #Inception3.0?

* ou de n’importe quelle autre vitamine

 

Glossaire

“Micronutriments” = le terme “micronutriment” renvoie aux vitamines, aux minéraux et aux oligoéléments, des substances dont l’organisme a besoin en quantités infimes mais qui n’en demeurent pas moins indispensables pour son équilibre.  

“Maladies dégénératives” = les maladies dégénératives sont des maladies (souvent d’origine génétiques) non infectieuse et non contagieuse  caractérisées par le dérèglement progressif des fonctions normales du corps et surtout du système immunitaire. Les plus (tristement) connues sont le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires, la maladie d’Alzeihmer, de Parkison et la sclérose en plaque.

“Méta-analyse” = une méta-analyse est une démarche qui consiste à réunir les données provenant d’études portant toutes sur un même sujet pour en obtenir une vue synthétique, et donc plus fiable. 

“Effet placebo” = l’effet placebo désigne “l’écart positif entre le résultat thérapeutique observé et l’effet thérapeutique prévisible en fonction des données strictes de la pharmacologie”. Plus clairement, c’est un effet psychophysiologique produit par un médicament qui se traduit par une amélioration de l’état du malade indépendamment de la présence ou l’absence d’effets physiologiques avérés.

“Surcompensation” = en sport, le principe théorique de surcompensation est un phénomène qui permet à l’organisme, après avoir subi un stress (= entraînement), de développer une capacité fonctionnelle supérieure. C’est un mécanisme de réadaptation qui permet, après avoir réalisé une période de récupération, de générer un plus haut niveau de performance (24b).

“Potentiel d’oxydoréduction intracellulaire” = le potentiel d’oxydoréduction intracellulaire renvoie à la capacité de la cellule à générer de l’énergie en produisant de l’ATP (Adénosine Tri-Phosphate). Plus il est élevé, plus elle produira d’énergie et vice-versa.

 

[1] Il existe bien d’autres raisons comme l’existence de mécanismes d’auto-régulation au niveau de la cellule qui empêchent vos concentrations en vitamines, minéraux et en oligo-éléments de trop augmenter afin de ne pas mettre en péril l’équilibre de vos fonctions vitales (homéostasie). Par souci de concision, nous ne les passerons pas en revue dans cet article.

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2 réponses
    • Bodyssime
      Bodyssime dit :

      Il est vrai que les arguments contre la supplémentation sauvage semblent probants (taux de mortalité accru, altération des performances sportives, dépendance psychologique, effet placebo, etc.) mais il ne faut pas oublier que ceux-ci se fondent le plus clair du temps sur des études qui souffrent de nombreux écueils méthodologiques (évoqués dans l’article). Dans certaines circonstances, la supplémentation peut en effet s’avérer utile, voire nécessaire (suivi d’un régime, pratique intensive d’une activité physique, défaut génétique, etc.) et il serait dommage(able) de s’en priver. En définitive, tout ne doit pas se résumer à une simple question de croyance et c’est ce que cet article a (essayé de) démontrer.

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